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Une chaleureuse chicha

Tout est dans le cérémonial. L’eau qui frémit, les vapeurs odorantes, le jeune garçon qui court de l’un à l’autre avec ses braises rougeoyantes, les fumeurs concentrés et rêveurs. Sur les terrasses des cafés, durant ramadhan, tous y sacrifient, la chicha est reine incontestée.

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Chicha, oui, mais aussi narguilé plus au nord, en Europe où elle fit de grandes percées, hooka en Inde ou elle constitue une véritable institution, gheylan en Iran où elle est née, la pipe à eau est universelle et démocratique. La plus ancienne aurait été récemment découverte en Ethiopie, elle remonterait au 14ème siècle. Cette chicha vénérable avait, comme les premières du genre, un récipient en noix de coco. Mais c’est en Perse, sous les Safavides, et durant le règne de Shah Abbas que son usage s’est largement développé. Il était lié à l’introduction du tabac par les portugais au Moyen-Orient, et à la multiplication des cafés publics.

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Et depuis, en Orient où femmes et hommes y sacrifient, en Europe où la mode du narguilé se répandit au début du siècle dernier, la chicha comme on l’appelle chez nous est devenue un rite incontournable de plaisir convivial. Car le narguilé est rarement solitaire : on se le passe, de table en table, de voisinage en vis-a-vis, se contentant de changer l’embout, et s’offrant le prétexte de conversations à bâtons rompus.

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L’objet est devenu lui-même élément de décoration, et suivit les différentes influences d’art artisanal des différents pays. Né d’une noix de coco, le « nargil » iranien, il se décline en argent, en cuivre, en verre, ou en porcelaine selon qu’il soit persan, ottoman, syrien ou nord-africain. Mais aussi surtout selon qu’il soit aristocratique ou populaire, destiné aux palais ou aux cafés. Il inspira les poètes et les peintres amateurs d’orientalisme. Les plus grands maitres verriers d’Europe, Saint Louis ou Baccarat y ont sacrifié, créant des modèles inédits de narguilés pour une clientèle d’esthètes. Aujourd’hui, la chicha continue de provoquer addiction et affection. Dans certains pays d’orient, les cafés vous proposent des cartes de chicha parfumées à la rose, à la pomme ou à la menthe. Et le fameux maassel ou tombac est souvent le cadeau le plus apprécié quand on visite un free shop.

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Texte : Alya Hamza – Photos : Salah Jabeur – Samia Chagour Françon
Article paru dans iddéco n°29 – Août 2016

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