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Kobbet Ennhass 011

UN DENOMME DAGHAR

Dans toute grande demeure qui se respectait, à l’époque ancienne des palais et des maisons aristocratiques, mais aussi dans les foyers plus modestes, sa silhouette trapue, accueillante, enfumée et parfumée est symbole de bienvenue : le daghar ou brasero, est le premier contact avec la maison et ses habitants. Souvent placé en sentinelle dans une entrée, un patio, il fait partie de l’environnement familier. En cuivre généralement, en argent exceptionnellement, cerné de bois précieux quelquefois, ciselé, niellé, repoussé, il accueille des braises rougeoyantes qui réchauffent une atmosphère, et sur lesquelles on jette  encens et gros sel lors des cérémonies familiales. Car le daghar accompagne tous les grands moments de la vie : une naissance, et vite vite, on enfume la maison à grands renforts de you yous, pour éloigner mauvais œil et autres sombres génies. Une demande en mariage, et c’est dans ses vapeurs que l’on accueille la famille demanderesse, pour  lui prouver que sa demande est flatteuse et sera bien reçue. Un « sdak », signature du contrat de mariage, pour offrir les meilleurs auspices aux futurs épousés. Une circoncision, pour attirer la bénédiction sur le jeune circoncis. A l’occasion d’une réception, d’un dîner, d’une soirée, parce que cela sent bon, et que cela ne peut pas faire de mal.   Il n’y a qu’au moment d’un décès que l’orthodoxie réprouve cet usage, encore que l’on passe souvent outre.

Mais d’où nous vient ce compagnon des beaux et des mauvais jours ?
Il serait syrien d’origine, ottoman selon d’autres sources, espagnol d’après le terme originel de brasero, ou petit brasier. Mais peu importe : comme tous ces éléments de nos traditions qui ont beaucoup voyagé, et se sont frottés aux civilisations diverses, enrichis des influences multiples, le daghar, tunisien à part entière, est un élément de notre décor nostalgique.

Tous les Daghars viennent de la Galerie Antinea

Texte : Alya Hamza – Photos : Salah Jabeur & Samia Chagour Françon

Article paru dans iddéco n°26 -Septembre 2015

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