« Chkoun ?» semble être l’écho annoncé de la dakdaka, ce heurtoir inséparable des portes traditionnelles. Fixée à hauteur de regard, tant et si bien qu’il faut lever le bras et prendre son élan pour frapper à la porte, la dakdaka accompagne, complète, enjolive et personnalise les portes auxquelles elle est fixée.
De simple anneau de fer forgé, elle se décline en étrier, khomsa, masque de gargouille, rosace ajourée, se fond en cuivre, en bronze, se fait lisse ou ciselée, sculptée ou torsadée. Les demeures patriciennes de la médina rivalisaient d’imagination et de raffinement dans la conception de cet accessoire qui annonçait l’esprit du lieu, son âge et son style. Placée à même le bois, ciré ou peint, encadrée de volutes de clous, d’arabesques de bois sculpté, fixée sur des feuilles de cuivre ciselé, la dakdaka est un élément essentiel de la présentation de la maison, le premier choix esthétique offert au passant.
On désignait la demeure souvent par son heurtoir. Et si pour des raisons pratiques, on installait quelque fois une sonnette en complément, rien n’aurait su remplacer le délicat coup de marteau qui annonçait l’ami ou l’étranger, la bonne ou la mauvaise nouvelle.
Aujourd’hui on a souvent déserté la médina, mais on n’a pas oublié la dakdaka. Et dans les quartiers résidentiels de la périphérie, dans les rues élégantes de la banlieue, de nombreuses demeures continuent d’arborer, fut ce à titre purement décoratif, la fameuse dakdaka.
Texte : Alya Hamza – Photos : Samia Chagour Françon
Article paru dans iddéco N°27 – décembre 2015




















