“Le quotidien est bombardé de hasards et de rencontres fortuites entre les gens…” (Milan Kundera)
Pour des raisons professionnelles, j’ai été installé entre 2011 et 2018 au Royaume de Bahreïn, petit archipel du golfe Persique. Ce territoire recèle de trésors archéologiques et dévoile une vie culturelle dynamique attirant de nombreux expatriés du monde entier.
Étant passionnée par tout ce qui touche au patrimoine et à l’art, j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt toutes les manifestations artistiques organisées tout au long de l’année (expositions, concerts, projections de films, visites de sites touristiques et archéologiques…).
Par une fine pluie printanière en avril 2013, j’ai visité Nuzul 88, un atelier d’artistes bahreïnis d’âges et de profils différents réunis pendant deux semaines à l’intérieur de Beit Al-Siyadi (une ancienne maison traditionnelle de la médina de Muharraq, ancienne capitale du Royaume) pour partager leur art avec le public.
Je rencontre Ali Hussain Merza, un artiste timide et peu bavard, et je tombe amoureuse de ses peintures qui ne me laissent pas indifférente. A cette époque, Ali était un artiste émergent qui cherchait à trouver sa place sur la scène artistique du royaume.
Depuis, j’ai eu grand plaisir à suivre de très près les pas confiants et prometteurs de cet artiste dans le monde de l’art. En effet, ma rencontre fortuite avec Ali était un pur hasard qui s’est transformé au fil des années en une très grande et belle amitié. Ensemble, nous avons partagé d’excellents moments de discussions autour de l’art, de la culture, des idées communes et ensemble nous avons visité plusieurs expositions d’art et autres événements culturels.

“L’action est la clé fondamentale de tout succès…” (Pablo Picasso)
Né au Royaume de Bahreïn en 1987 où il a toujours vécu et exercé, Ali Husain Merza est un artiste visuel qui, malgré son jeune âge, excelle et marque déjà son nom et son propre style dans trois domaines artistiques différents, à savoir la peinture, les installations et la scénographie.
Il a à son actif une dizaine de scénographies théâtrales, deux remarquables expositions personnelles[1], une vingtaine d’expositions collectives variés à Bahreïn[2], dans tous les pays du Golfe[3], en Europe[4] et en Afrique[5].
Ali a été le fondateur et le directeur artistique de quatre expositions de groupe[6] accompagnant, entre 2015 et 2018, ‘Bahrain International Music Festival’ qui se déroule chaque année à Bahreïn. Ali a aussi été le co-curateur de quatre ateliers artistiques réunissant une vingtaine d’artistes bahreïnis de différents domaines qui se finissaient par des expositions de groupe ouvertes au public[7].
Il a récemment bénéficié en 2023, avec quatre autres artistes locaux, d’une résidence artistique à Bahreïn et a participé à une exposition collective à l’issue de cette expérience artistique (Rite of passage Exhibition, Al Riwaq Art Space, 2023).
L’artiste a été invité à participer, à deux reprises, à des échanges culturels entre son pays natal, les Etats-Unis (Workshop Promoting Social Good through the Arts, 2015) et la Grande Bretagne (Bahrain-United Kingdom Art Tour, 2018) où il a eu l’occasion de côtoyer des artistes et des curateurs locaux et de présenter son travail et projets artistiques.
Il a également conduit de nombreux ateliers de peinture pour enfants à Bahreïn (dans son atelier ou pour Bahrain Authority for Culture and Antiquities, Ministry of Youth and Sport Affairs et Royal Humanitarian Foundation) et au Maroc (dans le cadre de différentes sessions des saisons culturelles d’Assilah).
Ali Hussain croit qu’être actif, créatif et bosseur acharné est la clé fondamentale de tout succès et de toute réputation locale/internationale. Il jouit déjà d’une longue et brillante expérience qui a été récompensée par de nombreux prix et nominations, à l’échelle locale et régionale, en reconnaissance de ses contributions dans le monde de l’art.
Le plus prestigieux prix en art à Bahreïn, ‘Aldana’, lui a été décerné lors de la 44ème session du ‘Bahrain Annual Fine Arts Exhibition’ en 2018 pour son installation artistique ‘Point of view’[8]. En 2016, il a également reçu ‘Suad Al Sabah Award‘ du ‘Kuwait International Art Symposium‘ (un événement artistique biennal pour les peintres du Conseil de Coopération du Golfe CCG) pour une œuvre picturale.

44ème session du ‘Bahrain Annual Fine Arts Exhibition’, 2018 (Cliché du Bahrain Authority for Culture and Antiquities)
Par ailleurs, Ali a reçu, en 2017, le prix de la meilleure scénographie pour le ‘3rd Khalid Bin Hamad Theater Award’. En 2013, il a également reçu le prix du meilleur décor et le prix des meilleurs costumes lors de ‘Al Sawari Theatre Festival for Youth’.


“Ce sont les choix qui ouvrent les chemins de la vie…” (Sonia Frisco)
Après avoir décroché brillamment un diplôme de scénographe du Higher Institute of Dramatic Arts du Kuwait en 2010, Ali fait le choix d’ouvrir son chemin dans la vie en débutant sa carrière comme artiste visuel. Il décide de revenir à son premier amour : les beaux-arts et essentiellement la peinture qu’il pratique depuis son jeune âge et qu’il n’a pas eu la chance d’étudier dans son pays natal. Mais Ali avoue son attachement au théâtre aussi qui a changé sa vision du monde en le conduisant vers de nouvelles découvertes et de nouvelles expériences.
Sa passion pour les beaux-arts et le théâtre l’a incité à approfondir davantage ses recherches artistiques. Il a utilisé les espaces ouverts comme moyens d’exprimer les idées et les problèmes qu’il souhaite traiter d’une manière différente (problèmes d’ordre social, religieux ou politique) et avec une grande liberté d’expression.
Son travail artistique oscille, aujourd’hui, entre deux mondes, celui du cadre fermé des tableaux de peinture et du cadre ouvert, mais restreint, de la scène du théâtre. Toutefois, il trouve son bonheur et sa liberté dans les installations artistiques qu’il considère comme une rupture avec les limites relatives de la scène théâtrale et du cadre de l’œuvre picturale. L’art de l’installation est, pour lui, l’hybride du théâtre et de la peinture où il peut repousser les limites des deux domaines.
N’ayant aucune formation académique dans le domaine des installations artistiques, Ali Hussain se considère comme ‘un autodidacte’ mais ne nie pas l’influence de l’artiste bahreïni expérimental Anas El Cheikh, aujourd’hui éclipsé de la scène artistique régionale, qu’il considère comme ‘un des pionniers dans ce domaine artistique dans la région du Golfe, voir au Proche Orient’. El Cheikh a réalisé d’importantes installations et a organisé plusieurs expositions de groupe à Bahreïn et ailleurs impliquant de jeunes artistes de différents profils (photographes, cinéastes, peintres, designers…). Il a participé en tant que curateur, membre de jury et artiste à plusieurs expositions d’art en Europe et aux États-Unis.
Ali rejoint Anas sur plusieurs points : tous deux préfèrent travailler en silence et sont peu présents sur la scène publique, collaborent avec d’autres artistes de diverses disciplines dans des expositions collectives, traitent de sujets sociaux et politiques en critiquant ce qui se passe autour d’eux…
En se rapprochant du domaine des installations artistiques, Ali découvre les débuts de cet art à l’échelle mondiale, les différentes écoles et les célèbres artistes internationaux du passé et du présent (Marcel Duchamp, Tadeusz Kantor, Yayoi Kusama, Ai Weiwei…) qu’il repère sur internet et suit leurs parcours/œuvres avec beaucoup d’intérêt. Ali a admiré leurs travaux d’installation et a commencé à explorer ce domaine artistique grâce à eux.
Ali tient à exposer régulièrement des installations et organise annuellement une exposition de groupe entièrement consacrée à cette forme d’expression artistique (l’art des installations) qui, ‘malgré son appréciation par le public, reste négligée par les galeristes et les collectionneurs lui accordant peu d’intérêt et n’encourageant pas les artistes du Golfe à produire dans ce domaine’. Pour réaliser ses différentes installations, Ali utilise les matériaux de récupération qu’il collecte dans les rues, des rochers, des briques, du bois, des cordes, des ustensiles de cuisine, des photos en noir et blanc…
“L’acte le plus artistique d’un artiste : choisir son public…” (Roland Topar)
A travers ses différentes œuvres artistiques, Ali ne reste pas indifférent à ce qui se passe autour de lui, à Bahreïn et ailleurs, et veut que son art soit ‘universel et accessible à tous en traitant de sujets relatifs à l’être humain, en général, et à ses préoccupations dans la vie, en particulier’. Ali refuse toujours de ‘produire ce qui est beau et essayer de plaire à son public’ mais explore ce qui rejoint ses sensations, ses envies, ses idées et ses positions. A travers ses divers projets, il choisit son public et stimule l’esprit humain à voyager entre étonnement et envoûtement.
Ali pense qu’il est important de ‘choisir son public’, d’être proche de lui et de percevoir l’impact de ses œuvres sur la société dans laquelle il vit. Il préfère le lire directement dans les yeux, les traits des visages, les réactions et la façon avec laquelle le public interprète ses œuvres. Il organise toujours des rencontres-débats avec son audience autour des expositions qu’il organise. Ali trouve qu’il important de recueillir et de prendre en considération le feedback de son public et la manière dont il a reçu le travail, en particulier au début de la carrière de tout artiste émergent.
L’artiste communique aussi avec un large éventail de son public via les réseaux sociaux. Il reçoit des commentaires sur les sujets traités et sur la manière dont il a choisi d’exécuter ses idées. Par ailleurs, il regrette ‘le manque de critiques d’art qualifiés et de magazines d’art à Bahreïn’ et les commentaires qu’il reçoit ne sont souvent que de courtoisie et d’encouragement. Quelques articles journalistiques ont été écrits sur son expérience artistique et ses expositions dans différents journaux célèbres de Bahreïn.
“La fonction de l’artiste est fort claire : il doit ouvrir un atelier, et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il lui vient…” (Francis Ponge)
Ali est un artiste visuel à plein temps qui vit de son art et qui tente de se frayer un chemin dans la scène artistique arabe et internationale. Il passe la majeure partie de son temps et de sa journée à travailler dans son atelier, principalement lorsqu’il commence à réfléchir à une nouvelle idée ou à préparer des œuvres d’art pour une exposition. Il n’a pas d’horaires fixes et travaille jour et nuit pendant de longues heures, au gré de l’inspiration. Il ne compte pas les heures qu’il passe dans son atelier et ne les voit pas passer. On le trouve entre ses tableaux, ses croquis, ses pinceaux, ses couleurs, ses papiers, ses bouquins et surtout un verre de thé rouge, le chay kouchari égyptien, qu’il sirote en écoutant une musique douce et surtout une lecture de textes littéraires/poétiques arabes de Mohammed Al-Maghout, Muthaffar al-Nawab et autres.
Ali Hussain préfère passer la majeure partie de son temps dans son atelier, un vaste et souvent désordonné atelier où il trouve facilement ses repères et les objets nécessaires. L’artiste ne jette rien, récupérant même les petits bouts de papier qu’il utilise dans ses collages ou autres, l’atelier se transforme ainsi rapidement en un amas de papiers, cartons, documents, pièces de recyclage, tubes de peinture, pinceaux usagés, vieux tableaux/toiles… rien ne se perd, tout se transforme.
Pour lui, l’atelier est son espace de liberté, de dévolution à son petit coin de travail et de création. C’est le lieu où il se sent vivant, où il respire et où il trouve ses sources d’inspiration pour réfléchir à de nouveaux projets artistiques liés à ce qui se passe dans le monde.
Quand il manque d’idées et quand il veut prendre une pause de son monde artistique, Ali ‘lit, écrit ou voyage pour se ressourcer’. Mais même quand il quitte ses peintures, il trouve refuge dans le théâtre, qu’il fuit pour la sérigraphie, puis passe à l’écriture… et revient, enfin, à la peinture. Même lorsqu’il voyage, Ali n’est jamais loin de son monde, il visite les musées d’art contemporain, les expositions… bref, ‘il n’y a pas d’échappatoire à l’art et à tout ce qui touche à l’art’.
Que représente donc l’art pour Ali ? Une question à laquelle il n’aimerait pas répondre par ‘c’est ma vie’, à l’instar de plusieurs autres artistes. Pour lui, ‘l’art est tout simplement une pratique, un moyen d’expression et sa seule source de revenus’. Il pense que ‘s’il n’était pas artiste plasticien, il serait un autre artiste visuel, sans doute, probablement cinéaste ou photographe. Je ne pense pas avoir une autre alternative ou un autre choix. Je ne me vois pas exercer dans un autre domaine’, a-t-il déclaré.
“Il n’y a qu’une seule chose qui rend un rêve impossible à réaliser : la peur de l’échec…” (Paulo Coelho)
L’art d’Ali Hussain Merza, considéré comme ‘triste et sombre’ par certains, trouve son chemin et finit par être ‘convaincant et apprécié’ par la majorité de son public, principalement des pays du Golfe, pour la profondeur des messages que l’artiste essaie de transmettre dans un style pictural particulier.
Son public attend avec impatience ses nouvelles installations et ses participations aux festivals artistiques de la région qui traitent de sujets de leur quotidien.
Selon Ali Hussain, ‘l’artiste doit toujours fournir des efforts, travailler avec assiduité, être créatif et en quête perpétuelle de nouveauté, avoir des relations et être toujours présent pour imposer son nom et son art sur la scène artistique’. Avec sa modestie habituelle, Ali s’avoue ‘très satisfait’ de son œuvre en se comparant aux artistes locaux et régionaux de sa génération.
Ali Hussain essaie toujours de sortir de son cocon local et régional où il a imposé son style artistique et cherche à représenter son pays à l’étranger pour asseoir une carrière internationale. Il estime que ses participations à des expositions/biennales/festivals/résidences artistiques internationales lui donnent la possibilité de s’ouvrir au monde et d’échanger avec des artistes, curateurs et collectionneurs de diverses nationalités.
Aujourd’hui, Ali poursuit activement sa pratique artistique en produisant des œuvres plastiques et des scénographies théâtrales, tout en transmettant son savoir et sa passion pour l’art. Dans son studio, installé chez lui, il forme des enfants, des jeunes et des adultes, et partage avec eux une approche sensible et engagée de la création. Parallèlement, il continue à participer à des expositions dès que l’occasion se présente. Son travail actuel s’inscrit dans une réflexion autour de la théâtralisation de la réalité, cherchant à introduire davantage le langage du théâtre dans l’œuvre picturale, afin que la peinture soit appréhendée comme une scène, au plus proche du monde théâtral.
Ali Hussain utilise des techniques/supports mixtes dans toutes ses productions picturales (peinture à l’huile, acrylique, fusain, collage…). Il est constamment à l’affût des innovations dans son art et tente d’introduire de nouvelles expériences, de nouvelles techniques, comme la sérigraphie pour laquelle il a piqué son intérêt ces dernières années. Une technique qu’il explore timidement depuis 2014 avec les encouragements sans faille de son ami artiste Abbes Youssef. Ces différentes techniques et d’autres seront probablement présentes dans la production des œuvres picturales de sa prochaine exposition.
Pour l’avenir et à l’échelle locale, Ali espère avoir d’autres opportunités pour organiser des expositions collectives basées sur les installations artistiques qui seront exposées en plein air dans des espaces ouverts et non dans des galeries afin qu’elles soient plus accessibles au public. Il prévoit également de ‘produire une installation artistique grandiose dans un espace public ouvert’.
Pour le théâtre, Ali envisage de réaliser une oeuvre théâtrale complète portant son nom de la mise en scène, à la scénographie et à l’éclairage. Il admet être négligent dans ce domaine et ‘regrette le manque d’opportunités, de productions, de budget et d’assistants compétents à Bahreïn’. Il envisage de se libérer un bon moment et de vouer toute sa concentration au théâtre pour la production d’une pièce théâtrale.
Au niveau international, Ali ‘rêve de participer à la Biennale de Venise qui, dit-il, accorde une grande importance aux installations artistiques et les met en valeur à travers ses différentes sessions’. Il espère avoir le soutien de son pays pour le représenter dans ce grand rendez-vous international.
Outre quelques barrières, force est de constater que la carrière d’Ali Hussain Merza reste brillante et marquée par son style artistique singulier. Sa trajectoire est pleine d’innovations et de créations. L’artiste a une grande capacité à adapter ses concepts et ses idées, toujours originaux et d’actualité, aux différentes configurations et particularités des galeries et espaces d’exposition où il a eu l’occasion d’exposer son travail. Le moindre détail, objet ou événement de la vie quotidienne peut très bien être une source d’inspiration pour un nouveau projet artistique. Son enthousiasme, sa sensibilité, son intelligence, sa patience, sa créativité et son amour de l’art sont ses armes pour une oeuvre toujours emblématique et expressive.
“Rien de grand n’a été accompli dans le monde sans passion”, a dit un jour Friedrich Hegel, et la passion d’Ali pour l’art est sans limite. Il pense, rêve et donne vie aux choses avec un amour pour l’art qui grandit et mûrit de jour en jour, osant traverser de nouveaux mondes sans aucune peur ni crainte de l’échec.
[1] Wanderers en 2018, Art Centre (Bahreïn) et Uni… Multi en 2019, Folk Art Space (Bahreïn). [2] Bahrain Annual Fine Arts Exhibition, 2013-2021 ; Sharnaqah Art Exhibition (Mirrors 4), Link Atelier, 2021 ; Communication, Bahrain Arts Society, 2021 ; The great lockdown Exhibition, Bin Matar House, 2020 ; Nest Art Festival, Al Riwaq Art Space, 2014-2017 ; Views Art Exhibition, Ritz Carlton Hotel, 2016 ; Displacement Exhibition, Albarah Gallery, 2013… [3] Second Art Group Exhibition, Oman, 2018 ; Sikka Art Fair, Dubai, 2016-2017 ; Hawamish Exhibition-Art Jeddah, Saudi Arabia, 2016 ; Al Asmakh Art Atelier, Qatar, 2015 ; Kuwait International Art Symposium, Kuwait, 2014 et 2016… [4] 19th Asian Art Biennale, Bangladesh 2022-2023 ; Gulf Fine Arts Exhibition, Pologne et Moldavie, 2016 ; Shamal Art Exhibition, Italie, 2015. [5] Assilah Cultural Season, Maroc, 2014-2017 ; Traversée Art Exhibition, Tunisie, 2015. [6] Syncopation Art Exhibition, 2018 ; Nashaz Art Exhibition, 2017 ; Parallelism Art Exhibition, 2016 ; Abstract Rhythm Art Exhibition, 2015. [7] Bank House, 2020, Al Bait, 2018 ; Al Emara 1644 Workshop, 2014 ; Nuzul 88 Workshop, 2013. [8] ‘Point of view’ est une installation où l'artiste a utilisé des briques et des images en noir et blanc. Il a écrit à propos de cette œuvre : ‘Chaque être humain contemple la vérité d'une certaine perspective et l'exprime de son propre point de vue en considérant son contraire comme invalide. De nos jours, convaincre les autres avec un point de vue sur n'importe quel problème/idée semble impossible ! Le désaccord sur une vérité signifie qu'il y a une opposition dans les opinions. En réfléchissant à ces pensées, plusieurs questions m'ont préoccupé : Pourquoi avons-nous été créés différents ? Lorsque les gens augmentent, les opinions variaient car chaque œil a une vision différente de la vérité, même pour une scène unique. Quel est l'avantage de l'existence humaine dans une telle divergence de vues ? En dessinant, je me demande si c'est mon devoir de rendre la vie belle aux gens et de les convaincre qu'elle mérite d'être vécue ? Pas certain. Je me rends compte que même si les orientations artistiques/philosophiques se multiplient, seule la vie est la réalité, c'est la vérité que nous vivons malgré les différences de points de vue et tout le reste est une zone de recherche/expérience pour l'artiste’.
Propos recueillis et retranscrits par l’enseignante-chercheure universitaire et curatrice d’art contemporain, Chiraz MOSBAH
Pour plus d’informations sur l’artiste, veuillez consulter son Instagram professionnel : https://www.instagram.com/ali4artgallery/




















