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UNE PERLE APPELÉE CASINO

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Au milieu du capharnaüm urbain d’une ville, Hammam-Lif, à la croissance sauvage dans le prolongement tentaculaire des banlieues de la capitale, il dresse vaillamment sa carcasse en bordure du golfe de Tunis, un des derniers témoins d’un passé glorieux, méthodiquement terni par une volonté aveugle de revanche. Il s’agit de l’ancien casino de la ville, perle architecturale dénaturée, dégradée, après avoir été le symbole éclatant de la douceur de vivre d’une cité thermale princière. Cet édifice, et d’autres de même facture, ont payé le prix d’avoir été une destination privilégiée des têtes couronnées et de leur entourage.

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La fondation d’Hammam-Lif remonte à la nuit des temps. La localité a connu des fortunes diverses au gré d’une histoire marquée par les conquêtes et les contre-conquêtes. Et ce n’est que vers 1750 que s’affirma sa vocation de destination de soins quand Ali Pacha, bey régnant, y fit construire un pavillon à côté de l’une des deux sources thermales qui accueillaient des curistes dans des conditions très rudimentaires. Depuis, cette source prit l’appellation d’Aïn el-Bey. Dans le même temps, ce dernier a fait aménager près de la deuxième source, Aïn l-Ariane, des installations pour accueillir le commun des usagers. En 1826, le bey Hussein II s’y fit construire un palais pour l’accueillir en villégiature avec sa famille et sa cour.
Il faudra attendre l’instauration du protectorat français sur la Tunisie en 1881 pour voir une communauté européenne s’installer à Hammam-Lif. Elle va être à l’origine de la naissance d’une véritable station thermale moderne. Pour accueillir des curistes au flux grossissant mais aussi pour leur fournir des loisirs de qualité, la ville s’est dotée d’un hôtel (l’hôtel des Thermes) et d’un hôtel-casino pour meubler leurs soirées mais aussi celle d’une clientèle de plus en plus nombreuse venue spécialement de la capitale pour les loisirs que lui offre l’établissement : jeux, spectacles, fêtes familiales, etc.

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Les archives sont avares de documentation sur le Casino. Aucune publication ne mentionne par exemple, le nom de l’architecte qui en est le concepteur. Un natif de la ville, Tijani Azzabi, nous révèle dans un opuscule qu’il a consacré à sa ville natale que le lancement du chantier de l’hôtel le Casino a été effectué par le Résident général de France en Tunisie en personne en 1894 et que les travaux ont duré deux ans. Son entrée en service remonterait ainsi à 1896, soit à peine une quinzaine d’années après l’instauration du protectorat. L’auteur nous fait également part de la réticence de la population face à ce projet qu’elle considérait comme contraire aux préceptes de la religion. Pour l’amadouer, le promoteur, un certain Biloni, fit un don conséquent aux œuvres caritatives locales.

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L’édifice a été érigé entre la voie ferrée et la plage. Sur les cartes postales les plus anciennes (vers 1900) on le voit se détachant sur le Bou Kornine avec le palais beylical en arrière-fond. C’est dire s’il a été implanté dans un décor de rêve, entre mer et forêts. Elevé sur deux niveaux, le bâtiment est de style arabisance, surmonté d’un dôme et flanqué de quatre tours aux angles. Ses quatre façades sont éclairées par des portes-fenêtres encadrées par des colonnettes soutenant des arcs en demi -cintre. Doté de deux entrées donnant l’une sur la rue du Casino et l’autre sur la plage, il affiche côté ville une enseigne arborant l’appellation de Grand Hôtel tandis-que, du côté opposé, c’est le Casino qui est mis en relief.
Il est indéniable que cet établissement a constitué une très forte attraction qui a amené vers la localité d’Hammam-Lif de gros flux de curistes mais aussi des fêtards et des bons vivants de tout acabit et de tous azimuts, y compris de Tripolitaine et d’Algérie voisines, voire même des Européens métropolitains. Il y avait, certes, les tables de jeux, mais il y avait également toutes sortes d’événements festifs, dont le plus éclatant était l’élection annuelle de Miss Hammam-Lif.

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Le déclin du Casino a commencé au lendemain de l’Indépendance. De même que la dégradation généralisée du cadre de vie des Hammam-Lifois. Reconverti dans des activités étrangères à sa vocation, il a fini par être abandonné à la décrépitude. Au mois d’avril dernier, l’association Edifices et Mémoire, en collaboration avec l’Institut Goethe de Tunis, y a organisé une rencontre dans le cadre d’un cycle intitulé PATRIMONI dans le but de raviver cet espace et de sensibiliser les citoyens à sa valeur et de susciter une initiative pour le sauver.

Texte : Tahar Ayachi – Photos : Med. Amin Chouikh

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