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Un quotidien de perles et de chaos

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La prière de Alyssa

Khoudha est un projet personnel d’exposition d’art visuel contemporain sur la Tunisie d’aujourd’hui. Il constituera demain une archive d’un passé proche, à la fois postrévolutionnaire et pandémique.

Le lieu d’exposition, à la villa de la volière, dans le parc archéologique de Carthage, témoigne de cette volonté d’ancrage historique, entre passé glorieux, morne présent et avenir incertain.

Son auteure, l’artiste Mouna Jemal Siala, écrit : « L’idée de le (ce projet) concevoir … m’est venue lorsque j’ai constat é que, dans mon pays, l’environnement, la propreté, le savoir-vivre et le respect de l’autre ont pris un coup ces dernières années. » Elle ajoute : «  Khoudha a curieusement deux significations, contradictoires dans le dialecte  tunisien (gabegie, désordre) et dans l’arabe littéral (perle, entre autres)… J’ai tenté…d’exploiter ce paradoxe …et de transformer le laid matériel en beau plastique ».Ou dans l’archipel éclaté des conteneurs à ciel ouvert. Une chorégraphie à l’envers. Une vente à la criée où les ruines se bradent. Un chemin sans route aucune. (Marianne Catzaras).

Le projet est un projet mosaïque qui s’exprime dans diverses techniques qui se répondent et collaborent : le dessin, la photographie, les pixels, la vidéo, la musique. L’objectif est de faire transparaître des ambiances et des émotions reliées à un vécu, celui de diverses époques et de divers territoires. Le travail de Mouna Jemal Siala trouve sa raison d’être dans sa tentative obsessionnelle de se remémorer. (Abdelkader Damani). Her artworks daringly bring together elements from divergent worlds, worlds that are not commonly intermingled. (Neila Keskes).

Pendant de longs mois, sur  sa route quotidienne, l’artiste a enregistré visuellement ce qu’elle voyait de sa voiture, tout en écoutant de la musique « ce que je vois sans choisir et ce que j’écoute avec plaisir ». Elle en a tiré une vidéo  où l’on voit  la pollution visuelle qui envahit le  paysage, au rythme d’une bande son de morceaux choisis. Elle en a aussi saisi  sur tirages photographiques  des  séquences poétiques ou désolantes mais  enjolivées  par des  des filtres dorés. « La Tunisie je l’aime et donc je la dore ».

 C’est que la Tunisie, est son inspiratrice, toutes les Tunisie. La Tunisie antique, celle de l’école tunisienne de mosaïque, qui était appréciée dans tout l’Empire et mettait en scène …la vie quotidienne, les bêtes et les gens.  Cette époque est convoquée par l’artiste avec des moyens de notre temps, les tesselles sont remplacées par des pixels géants, matérialisés par de fines résilles de métal dont la superposition systématisée donne la nuance de gris nécessaire à la compréhension de l’image. Et quelques clins d’œil aussi, la Dame de Carthage se présente à nous avec  un  masque COVID rose, pour ne pas nous contaminer. Vivre consiste à assembler les fragments du monde pour tisser un monde nouveau. (Abdelkader Damani). C’est ainsi que Mouna Jemal Siala fait dialoguer les temps par similitude ou par contraste violent. (Rachida Triki).

La Tunisie des beys de la dynastie husseinite dont elle traite les portraits officiels entre pixels et dorures, pour s’approprier leur histoire, et notamment celle de Rachid Bey, souverain mélomane et musicien au nom duquel la Rachidia créée en 1934 fait référence. La Tunisie de la Rachidia à laquelle on doit les premiers enregistrements des chanteuses tunisiennes saluées par une série de portraits au crayon, mis en scène dans leur essence. Ces portraits, beys et divas, sont donnés à voir dans un salon où passe une série de morceaux d’époque réinterprétés par l’artiste compositeur Zied Zouari avec le BeatBoxer Twinlo. Il s’agit de créer une œuvre transversale qui traverse notre imaginaire collectif entre Art Contemporain et Musique. (Zied Zouari).

L’exposition est démultipliée par un livret précieux ainsi que par des produits dérivés réalisés avec Naksha, autre artisane de la mémoire tunisienne.

Les réalisations de notre artiste…seront, sans doute, en osmose avec le contexte archéologique qui les accueille, permettant ainsi aux visiteurs une immersion dans l’espace et dans le temps que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. (Moez Achour).

Poséidon, sorti des eaux, en tôle d’acier rouillé, qui nous accueillait à l’entrée approuve silencieusement.

Edia Lesage

Khoudha sur la route quotidienne – Mouna Jemal Siala -A la villa de la volière-Villas romaines- Carthage, du 10/11/21 au 31/12/21.

Photos Mouna Jemal Siala

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