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UN PALAIS, UN MUSEE

Le Bardo, un palais, ou deux palais devrait-on dire, puisqu’il s’agit en fait, de deux palais voisins, l’un abritant aujourd’hui l’Assemblée Nationale, l’autre le musée : le petit palais tunisien, Qsar el Badii.

Le 25 mars 1885, un décret donnait à l’ancien harem beylical, la vocation de musée, et faisait s’éteindre à jamais, les rires et chuchotements des princesses, et des odalisques. Leurs ombres continuent néanmoins de courir derrière les colonnades de marbres blancs, de se refléter sur les lambris de céramiques de kallaline, sous les plafonds aux motifs floraux.

Le Bardo allait entamer une nouvelle vie, et dès 1888, devenir le réceptacle d’une histoire et d’une civilisation à laquelle il allait offrir le plus somptueux des écrins, concrétisant ainsi le rêve de Kheireddine Pacha, l’initiateur de ce projet.

Musée Alaoui en une première identité, il connut de nombreux aménagements et embellissements, et visite incontournable, devint le plus grand musée archéologique d’Afrique et du Maghreb. Mais pas uniquement, car ses 35 salles réparties en plusieurs départements, témoignent de la diversité et de la richesse des différentes cultures qui se sont succédées depuis la préhistoire dans notre pays.

 

Aujourd’hui, le vénérable musée, qui fut longtemps le plus ancien d’Afrique du Nord, vient de subir un superbe coup de jeune : restructuré, surfaces doublées, collections largement étoffées, signalétique revisitée, le musée entre de plain pied dans l’univers de la muséographie moderne. La partie ancienne du palais devient elle-même objet d’exposition, et l’on  vient y découvrir une architecture et un art décoratif remarquables : du patio de style andalou mauresque à la salle d’apparat au somptueux lustre de Murano, à travers les enfilades de colonnes de marbre d’Italie, sous les plafonds aux arabesques de stuc, et aux bois enluminés, à travers les lambris de céramiques de kallaline aux émaux jamais égalés se déclinent le savoir-faire et l’expertise des maîtres artisans auxquels il est toujours bienvenu de rendre hommage.

Le passage de l’ancienne partie du musée à la nouvelle se fait en douceur, par une transition dont on a volontairement accentué la neutralité et la sobriété. 10.000 mètres carrés, 8.000 pièces de collections supplémentaires, dont de nombreuses inédites, et provenant des réserves, une architecture dynamique, toute de transparences et de volumes ouverts, une circulation fluide, des espaces de rencontre, des jardins suspendus, des escaliers monumentaux, des salles en ellipse, éclairées par une

lumière zénithale, le nouveau musée du Bardo est une superbe réalisation architecturale contemporaine des architectes muséographes François Codou et Franck Hindley, assistés par la tunisienne Amira Nouira.

Nous n’allons pas vous proposer une visite virtuelle, rien ne saurait égaler la vraie. Mais nous souhaitons vous faire partager nos coups de cœurs, nos étonnements et nos découvertes. Arrêtez-vous longuement dans le département punique, où sont exposées pour la première fois, les statuettes de terres cuites de la collection de Soliman, et l’étonnant python, symbole de la terre nourricière. Tout autour de la galerie ont été réunies toutes les pièces ayant trait au commerce, les émouvants protomées ou masques de céramique féminins, ainsi que les masques de bronze masculins. Le département de Mahdia, et ses célèbres fouilles sous-marines, enfin prêt, mérite également une lente visite. Inédit, et jusque-là peu développé, le département de l’antiquité tardive déploie des collections à ce jour inconnues du public : le reliquaire de Younga, provenant des fouilles de Maharès est l’une des plus importantes. Bien sûr, la partie romaine est connue, et les statues célèbres, mais elles n’ont jamais été aussi belles. Restaurées par une équipe de jeunes, encadrés par des spécialistes du Louvre, resoclées, elles aussi connaissent une nouvelle jeunesse…antique. Mais la vraie nouveauté du musée, incontestablement, c’est la place accordée au département islamique, jusques là injustement négligé. Celui-ci a été conçu à travers trois axes, trois périodes clés de notre histoire : Kairouan, Mahdia, Tunis.

Kairouan, avec les manuscrits restaurés, et tout particulièrement une partie du mythique Coran Bleu. Mahdia, avec une exceptionnelle collection d’objets de bronze et de céramique. Tunis à travers les céramiques de Kallaline, qui font la liaison avec l’époque moderne, des inscriptions funéraires, des stèles de l’époque hafside.

Après de nombreux alternoiements quant à la date d’ouverture, le musée, qui, en fait, n’a jamais été fermé au public, est aujourd’hui fin prêt. L’ouverture s’est faite sobrement, sans la grande fête prévue, qui aura probablement lieu plus tard. Peut-être quand seront rodées toutes les activités que l’on se propose de lancer : ateliers d’enfants, conférences, expositions à thèmes. Et quand sera ressuscitée l’Association des amis du Bardo qui fut si active autrefois.

Article paru dans iddéco 14 – Octobre 2012

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