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10 .Salut au soleil . La Marsa 2013

Skander Dhaoui

Le seul, le vrai, l’unique voyage, c’est de changer le regard

Skander Dhaoui est photographe. Il fut marionnettiste, photographe de plateau, chef éclairagiste de cinéma.Du cinéma, il peut en parler pendant des heures, puisqu’il est dans le métier depuis 1986. Il a travaillé sur beaucoup de films tunisiens accompagnant, par là même, deux générations de cinéastes comme par exemple Nouri Bouzid et sa fille Leïla Bouzid, et beaucoup de films étrangers tels que « Star Wars », « Pirates » ou « Madame Butterfly » pour ne citer que ceux-ci. Son parcours prendrait des pages et des pages. Le ministère des Affaires culturelles lui a rendu un hommage officiel au festival « Mon premier Film » le 4 avril 2019 pour l’ensemble de ses activités au service du Cinéma.

Mais au fond peu importe : Skander Dhaoui est un photographe qui aime la lumière, l’obscurité des âmes, des lieux, du temps.

Clair-obscur, plein jour, lumières rasantes, lumières froides, lumières croisées, lumières qui subliment un visage, lumière qui détache un objet, il connaît les secrets et les magies de la lumière et, celles évidemment, de l’obscurité. Toutes deux le lui rendent bien, du reste.

Et puis il y a l’homme, qui entre deux tournages, observe la vie quotidienne. Il possède une qualité rare : s’il ne connaît pas de routine, il en respecte une : se lever à la pointe du jour, pour en voir la lueur.

Car cet homme sait apprécier et écouter les gens, capter l’air du temps, le génie des lieux et des situations.

Il possède un regard particulier, celui qui essaie de restituer une âme aux pierres oubliées, une voix aux personnes que l’on n’entend pas, ou plus, aux paroles muettes. Au-delà du photographe, Skander est toujours curieux, affectueux, étonné, intéressé, plein d’humour et surtout, extrêmement généreux et sensible.

En effet, Skander Dhaoui ressent douloureusement la marche impitoyable des ans et la disparition des objets et des personnages du passé. Dans sa ville natale, il a recueilli des images anciennes auxquelles il a ajouté ses propres prises de vue, l’ensemble constituant l’histoire de La Marsa, en images. On attend le livre avec impatience. En fixant ces visages, ces bâtiments, ces appareillages de pierre, ces métiers en voie de disparition, ces couchers de soleil ou ces obscurités secrètes, il sait que ce sont des essais d’éphémère qu’il tente de sauver de l’oubli. Il se bat pour ne retenir que la beauté et la poésie d’un monde qui évolue et change sans cesse, pour retarder le moment de la dernière scène et le dernier « clap » d’un film où nous sommes tous les acteurs d’un jour. Seuls ces mots de Proust, à mon sens, peuvent résumer sa quête : « le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant. »

 

Texte : Edia Lesage

Article paru dans iddéco n°40 – juillet 2019

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