JavaScript must be enabled in order for you to see "WP Copy Data Protect" effect. However, it seems JavaScript is either disabled or not supported by your browser. To see full result of "WP Copy Data Protector", enable JavaScript by changing your browser options, then try again.
MG 6170 scaled

Sidi Qacim az Zaliji
Lieu de mémoire sauvegardée

La zaouïa de Sidi Qacim az Zaliji constitue un des monuments les plus importants de Tunis. Son fondateur Sidi Qacim doit vraisemblablement son surnom, az Zaliji, au métier de fabricant de zalij (carreaux émaillés), qu’il a exercé durant une partie de sa vie. En 902/1494, il est enterré dans sa zaouïa située disent les sources à l’intérieur de bab Khalid. Dans la koubba, derrière le cénotaphe, une inscription tardive donne son nom complet : Aboul Fadhl Qasim Ahmed as Sadafi al Fasi. Il est donc de Fès, contrairement à la tradition courante qui lui attribue des origines andalouses. Mais c’est probablement en Andalousie qu’il apprend son métier de potier. On connaît peu de choses de sa vie et de ses activités. Il est très estimé des sultans dont certains souhaitent être inhumés près de sa tombe. Cependant, il ne semble pas qu’il jouit de la même popularité de son contemporain Ibn Arous.

 

Au XIe/XVIIe siècle sont entrepris des travaux de restauration, concernant particulièrement la chambre de sépulture. Au siècle suivant, les Husseinites agrandissent l’ensemble du mausolée.

La salle de prière ajoutée tardivement à l’époque husseinite possède un plan original, avec des nefs disposées parallèlement au mur de la qibla, selon une tradition particulière à certains sanctuaires marocains. Cette particularité mise à part, la salle est de style ifriqiyen. Les colonnes hafsides portent le traditionnel entablement à sommier et imposte, et le mihrab ressemble dans sa partie inférieure à celui de la mosquée de la Kasbah. Le registre supérieur reproduit un thème courant dans les édifices tunisois de l’époque turque : un arc à claveaux alternés enserre une niche.

A l’intérieur, l’espace carré est occupé par l’antichambre et la salle de sépulture séparées par une grille en bois surmontée d’un arc à claveaux alternés. Les chapiteaux soutenant cet arc sont d’un style identique à ceux de la salle d’ablutions du souk el Attarine, et à ceux rencontrés sur les façades extérieures de la koubba. Malgré leur appartenance à la tradition andalouse, ces chapiteaux n’ont pas d’équivalents au Maroc, ni même en Andalousie. Ils constituent sans doute une interprétation tunisienne du modèle maghrébin. Cependant, la plupart des chapiteaux de ce monument sont de type hafside.

Dans la paroi opposée à la porte, se creuse également une niche à fond plat. On ne peut assimiler la salle où elle se trouve à un oratoire, mais plutôt à une pièce où le visiteur attend son tour avant de pénétrer dans l’enceinte sacrée du tombeau. En fait, la niche à fond plat n’est qu’un simple procédé décoratif dont l’usage remonte aux siècles lointains des Fatimides et des Zirides.

Les carreaux émaillés sont fabriqués selon la technique de la cuerda seca. Les carreaux à motifs étoilés, ainsi que la double frise à entrelacs et à chevrons qui les surmonte, sont fabriqués selon cette technique bien connue en Espagne. Il s’agit d’un décor cloisonné, pour éviter la fusion entre émaux de couleurs pendant la cuisson. Cependant, il serait vain de chercher ailleurs qu’en Tunisie d’identiques carreaux d’émail. On constate des différences, sensibles surtout dans les couleurs, dues probablement à l’utilisation de colorants d’une composition chimique particulière.

Malgré l’afflux des éléments andalous, ce monument adopte des techniques architecturales et décoratifs propres à la tradition ifriqiyenne. Le mausolée de Sidi Qacim est le type même de l’édifice où l’influence étrangère s’est métamorphosée, après trois siècles d’acclimatation en terre ifriqiyenne.

Ce lieu s’est avéré fort propice pour abriter la mémoire et le devenir de la céramique tunisienne. D’ailleurs, il est le siège d’un musée de la céramique présentant une riche collection de « jeliz »  sortis des fours de Qallaline et de Nabeul.

La zaouia héberge aussi le Centre National de la Céramique inauguré en 1992,  dirigé actuellement d’une main de maître par Mohammed Hachicha.

Pour en savoir plus…

– Ch. Dessort, Histoire de la ville de Tunis, Alger

– A Pellegrin, Histoire illustrée de la ville de Tunis, Tunis

– Paul Sebag, Tunis : histoire d’une ville, L’Harmattan

– SM Zbiss, Les Monuments de Tunis, Tunis

– J Abdelkafi, La Médina de Tunis, Alif .Les Editions de la méditerranée

  Terrasse, L’Art hispano-mauresque des origines au XVe siècle.

– L  Golvin, Essai sur l’architecture religieuse musulmane, Klincksieck,

Sidi Qacem Az Zeliji : Boulevard du 9 avril – Tunis – Tél.: 71 572 423

Texte : Extrait de  » La zaouïa de Sidi Qacim Az Zaliji  » – Tunis Capitale des Hafsides éditions Alif, de Abdelaziz Daoulatli
Photos © Daousser Ben Khelifa

Article paru dans iddéco n°7 – décembre 2010

La rédaction décrypte pour vous les tendances déco du moment pour trouver l’inspiration. Retrouvez également les actualités autour de la déco.

Plus d'articles
Studio Sidi Bou  004
Un repaire de charme sur les toits de Sidi Bou