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Séjour à Kerkenna

Kerkennah 1856 N

Séjour très… terre-à-mer à Kerkenna

Une heure à bord du bac vous permet d’atteindre les rivages de l’antique Cercina. Cette « petite » heure vous racontera à quel point Kerkenna peut être loin au quotidien. Une fois arrivés, rien n’est là pour vous surprendre. Il est même commun de visiter les îles, qui semblent n’en faire qu’une d’ailleurs, et de repartir avec l’impression de n’avoir rien vu de « spécial » hormis la mer. Avouons que le fait de parcourir des terres ocres, plates, parsemées de palmiers et de traverser des agglomérations qui se ressemblent, risque aisément de faire croire à tout passant pressé, généralement assoiffé de baignades, qu’on est un peu comme partout ailleurs, dans la campagne la plus anodine, la plus muette.

ICI LA MER SE TAIT

Tout peut vous sembler anodin…sauf la mer car ici, elle se tait. Difficile de ne pas sentir qu’ici, la Méditerranée s’apaise, se couche, s’étend telle une nappe qui glisse et se retire sans bruit, au rythme des marées. Un rythme perceptible à l’œil nu avec une variation impressionnante en une seule et même journée. L’observation du phénomène vaut le détour.
Le silence de la mer est sans doute, ce qui fait dire à certains que le temps se suspend à Kerkenna et à d’autres, qu’il se dilate littéralement. Ce silence serait porteur du secret d’une mer qui, ne se contentant pas d’entourer des bouts de terre isolés du continent, devient ici une affaire d’atmosphère, imbibant l’air et cela même à l’intérieur des terres.
L’iode imprègne l’air de sa senteur émanant des filets de pêche accrochés aux murs des maisons dans les ruelles de village comme Ouled Kacem ou Ouled Yaneg, ou se dégageant des nasses (drina) entreposées à l’ombre d’une skifa à la porte entrouverte.
La présence de la mer est diffuse, profonde, se nichant dans le corps même des demeures traditionnelles. Elle s’immisce dans leurs planchers avec ses algues (dhri’) qui, compactées alors qu’encore imbibées, en assuraient parfaitement l’étanchéité. La mer est atmosphère et elle est aussi ornement tout en discrétion ; il y a cette frise marine autour de portes des maisons ; dans une sobriété la rendant quasiment anonyme, elle semble naître d’un rythme sculpté de vagues dont l’ombre fait vibrer la surface du mur. Une ondulation légère qui rappelle celle d’une mer qui, bien que mouvante, ne connaît point la houle.

Kerkennah 533 N Scène de Pêche 1

UN ENTRE-TROIS MONDES : TERRE, CIEL ET MER

A Kerkenna, la mer est si plate que le ciel, à sa rencontre, trace un horizon sublimement linéaire. Sur cette droite nette se rejoignent les étendues dans leur infinitude et vient se coucher le soleil. Un spectacle inégalable que vous pourriez apprécier à Sidi Fonkhal ; à l’écart de tout vacarme, ce mausolée est une île de quiétude érigée en bord de mer dans la « forêt » de palmiers (ghaba). Sous la voûte en canaux de terre cuite du saint immergé dans les palmiers, vous sentirez les teintes de l’horizon baigner littéralement l’espace. Un moment unique de coupure avec le quotidien, en contrepartie d’une connexion assurée avec l’intemporel.
Entre le ciel et la terre, la nature mène la barque dans la rencontre entre mer et terre, les humains ont interféré pour sceller entre eux un lien unique en cultivant la frange entre les deux mondes.

Kerkennah 1483 N Entretien des Nasses en Mer

A Kerkenna, quand la mer rencontre la terre, la frontière s’estompe, se dilue littéralement. S’y déploie en effet une épaisseur hybride, un territoire mixte, avec les parcelles maritimes (apparues à l’époque des Beys). Dans la conquête de la limite entre les deux fronts, le palmier et l’alfa étaient cruciaux.
Dans la tradition, du même palmier servant à fabriquer le ‘oud et le kornef pour la structure des planchers des maisons, on confectionnait les dispositifs de pêcherie fixe, les fameuses chrafi. Ce qui est issu de la terre est planté dans le sol marin ; des haies de palmes émergent et définissent des domaines… dans l’eau !
Il n’est dès lors plus étonnant qu’un raïs se présente comme « agriculteur de mer ». Et tout agriculteur de mer pourra vous parler du loud.
Le bac est appelé « loud » même s’il n’a aucun lien avec le véritable bateau de pêche à fond plat et à voile latine, si spécifique à l’archipel tunisien. L’art naval a été maîtrisé au point qu’il est possible “de naviguer… sur les plateaux où il n’y a pas de mer” selon les dires d’André Louis . Pour sillonner les hauts fonds, le vaisseau-emblème des îles a des spécificités structurelles détenues par quelques maîtres-charpentiers au savoir-faire technique qui se fait de plus en plus rare.

LA MER EST LA, TOUT EN SILENCE

Quand vous irez donc à Kerkenna, s’il y a une sortie à ne pas rater, c’est bien celle en mer et non en boite. La mer est ici le champ où l’on se promène, où l’on fait sa petite marche… et où l’on « pique-nique » aussi. Vous pourriez demander aux pêcheurs au port d’el Ataya qui proposent plusieurs formules d’excursions : promenade simple, promenade avec déjeuner en mer, sortie-pêche… Vous pourriez aussi apprécier la richesse de l’art naval kerkennien en visitant à Ramla, l’atelier de l’artisan maquettiste Ahmed Neji Souissi qui réalise des modèles réduits de toutes les tailles, de flouka, canouta, loud, loutsou, balansi…
On vous l’avait dit, à Kerkenna la mer est partout, dans les demeures et les ruelles, dans l’air et autour des terres… mais elle est là tout en silence. Allez donc vous ressourcer à Cercina et profiter d’un séjour très terre-à-mer.

 

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