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Ftima par Roubtzoff 1933 coll ection municipalité de Tunis

Said Kasmi

La Tunisie d’Alexandre Roubtzoff

Nous avions découvert le film de Said Kasmi écrit en collaboration avec Frédéric Mitterrand sur « La Tunisie de Jacques Perez ». Ce grand photographe qui habite à la Hafsia, quartier populaire de la Médina de Tunis, parlait de sa passion et de son amour inconditionnel de la Tunisie. Amour partagé par Said Kasmi qui a eu envie de continuer à nous en parler à travers la vie du grand peintre Alexandre Roubtzoff.
Ce dernier qui a passé une quarantaine d’années en Tunisie disait : « Ce qui m’attache à la Tunisie, ce qui fait que je me sens si bien et si heureux ici, c’est d’abord la lumière dont tant d’effets paraîtraient invraisemblables ailleurs ».
C’est donc avec intérêt que nous avons interviewé Said Kasmi afin d’en savoir davantage…

Said Kacem

iddéco : Parlez-nous de votre parcours… Ce qui vous a amené à la réalisation de films…

Said Kasmi : Cela fait 15 ans que j’exerce le métier de producteur et réalisateur. J’ai grandi en France entre les salles de montage et les plateaux de télévision avec Frédéric Mitterand. Ma sensibilité artistique, je la tiens de lui. Au fil du temps, je me suis rendu compte que j’étais passionné par cet univers, c’est ce qui m’a amené à me décider d’en faire mon métier.

En 2004, j’ai décidé de parcourir le monde, caméra à l’épaule à la découverte des plus belles maisons. C’est ainsi que j’ai réalisé plusieurs séries de formats courts sur les maisons d’ici et d’ailleurs. J’ai donc développé un important catalogue sur l’art de vivre pour différentes chaînes de télévisions françaises. Il a d’ailleurs été distribué dans le monde entier et traduit dans plusieurs langues.

À quel moment de votre vie avez-vous décidé de poursuivre sérieusement votre goût pour la réalisation ?

Suite au succès de mes séries de formats courts, je me suis dit qu’il était temps de passer à la réalisation avec des formats plus importants.

Quelles sont vos influences ?

Le film qui m’a marqué le plus dans ma vie est Amadeus, réalisé en 1983 par Milos Forman et nommé onze fois aux Oscars. Je ne me lasse jamais de le revoir, tout m’inspire dans ce chef-d’œuvre, la direction des acteurs, les costumes, les décors, la lumière, les détails, la musique…

Après le film documentaire réalisé sur le photographe Jacques Pérez, qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser un film sur Roubtzoff ?

Le film sur Jacques Pérez a été pour moi une expérience très enrichissante sur les plans artistiques, intellectuels et humains. J’ai énormément appris en travaillant avec lui. J’ai d’ailleurs découvert Roubtzoff à travers son livre intitulé : « La Médina de Tunis et Alexandre Roubtzoff ».
J’ai été absorbé par le travail de cet orientaliste et l’idée de lui consacrer un film a commencé à mûrir dans ma tête. J’en ai fait part à Jacques Pérez qui m’a tout de suite présenté l’ayant droit de Roubtzoff, Paul Boglio, dont la famille était très proche de l’artiste. C’est ainsi que les choses se sont enchaînées, il m’a invité chez lui dans le pays basque à la découverte du trésor : j’ai ainsi pu consulter le journal de Roubtzoff, ses carnets de dessins et ses affaires personnelles. En somme, une partie très importante que j’avais entre les mains pour la réalisation de mon nouveau film. J’ai eu une chance énorme de rencontrer Paul Boglio et je suis très conscient de la confiance qu’il m’a accordée en me donnant accès à l’intimité de Roubtzoff.

Vous sentez-vous investi d’une mission quand vous proposez un film ?

Mon travail s’inscrit dans un devoir de mémoire car je suis très attaché à mon pays et à son histoire. J’ai été surpris de constater que peu de gens connaissent Alexandre Roubtzoff, pourtant l’artiste a peint et dessiné la Tunisie pendant plus de trente ans. C’est ce qui m’a encouragé à laisser une trace de Roubtzoff pour les générations futures.

A part Roubtzoff, y a t-il des peintres tunisiens qui vous inspirent ou desquels vous aimeriez parler ?

Au mois de janvier, j’ai découvert la rétrospective consacrée au grand Gorgi au Palais Kheireddine, j’ai été vraiment impressionné par la richesse de son travail et son univers. Je suis très fier de voir ce genre de manifestation cultuelle se multiplier en Tunisie et j’espère qu’elle pourra s’exporter dans d’autres pays afin de montrer et partager notre culture.

Que pensez-vous de la situation actuelle des artistes en Tunisie ?

Je suis très proche de beaucoup d’artistes en Tunisie et je mesure à quel point c’est très difficile pour eux de pratiquer leurs arts.

Qu’est-ce que vous aimeriez que l’on retienne de vous ?

Mon travail.

Avez- vous d’autres projets…?

Des idées et des projets j’en ai plein la tête, ce qui est difficile c’est de trouver les financements.

Reviendrez-vous tourner en Tunisie ?

La Tunisie est un décor naturel de cinéma, je dirais même plus beau que le Maroc. Depuis la révolution, je reviens régulièrement et à chaque fois que je me balade cela me donne des envies de tourner un film pour le grand écran.

Ftima par Roubtzoff 1933 coll ection municipalité de Tunis

Ftima par Roubtzoff 1933

Propos recueillis par Nadia Zouari
Article paru dans iddéco n°39 – avril 2019

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