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Architecture 57

RENAISSANCE AU PALAIS ENNEJMA EZZAHRA

C’est au Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes que la fondation Kamel Lazaar a ressuscité l’atelier de peinture du baron Rodolphe d’Erlanger. La restauration s’est révélée fidèle et évocatrice, et dans ce lieu l’âme du peintre semble auréoler. 

Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM), est une institution domiciliée dans le prestigieux Palais Ennejma Ezzahra, elle est placée sous la tutelle du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et dont la création remonte à 1991. Avec sa double dimension arabe et méditerranéenne, le CMAM est conçu comme un espace muséal et d’animation consacré au patrimoine musical.

Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM)

Ses programmes se développent suivant quatre axes complémentaires : la conservation et la diffusion du patrimoine musical, les activités muséographiques, les études et recherches et la programmation artistique et l’animation. En plus des départements de l’Animation et des Etudes et Recherches, le CMAM abrite la Phonothèque Nationale, pièce maîtresse chargée de la collecte du patrimoine musical tunisien, en vue de le conserver, de le diffuser et de le mettre à la disposition des chercheurs en matière de musique. Le CMAM abrite également un atelier de lutherie destiné aussi bien à la restauration de sa collection d’instruments de musique qu’à la réalisation de recherches en matière d’organologie.

Le baron Rodolphe d’Erlanger

Né le 7 juin 1872 à Boulogne-Billancourt en France et décédé le 29 octobre 1932 à Tunis, est un peintre, musicologue et grand orientaliste franco-britannique d’ascendance germano-américaine. Il s’installe d’abord en Angleterre où il adopte en 1894 la nationalité britannique pour partir ensuite dans un grand voyage en orient qui le fit atterrir en 1910 à Tunis où il s’installa et où il fonda sa demeure principale à Sidi Bou Said. Artiste peintre de formation,  est surtout connu pour sa remarquable œuvre musicologique intitulée « La Musique Arabe » édité à Paris chez Paul Geuthner, cet ouvrage de référence comprend six tomes de précieuses recherches. Il a aussi un grand intérêt pour l’architecture et l’urbanisme ce qu’on peut observer dans sa conception du Palais Ennejma Ezzahra.

Le palais

La demeure du baron Rodolphe d’Erlanger ou palais Ennejma Ezzahra, telle que l’a baptisée son fondateur, est actuellement un musée dont la renommée, en matière d’activités musicales, appuyée par son institution de tutelle qui est le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes, rivalise avec sa fonction muséale. Le bâtiment édifié au début du 20ème siècle, entre 1911 et 1922, est un joyau de l’architecture méditerranéenne, une perle qui garnit les hauteurs du village de Sidi Bou Saïd. Attestant de sa valeur particulière, les autorités tunisiennes l’ont classé depuis 1989 en tant que monument historique après son acquisition officielle des héritiers de la famille d’Erlanger à la même année. L’édifice ayant suscité un intérêt particulier à cette époque, il fût doté d’un musée consacré aux instruments de musiques dont une grande partie appartenait à la collection d’objets du baron Rodolphe d’Erlanger. Cette collection si précieuse comprend tous les meubles en bois de la famille, des tapis persans, de la verrerie, des céramiques, ainsi qu’une collection de tableaux de peintures œuvres du baron Rodolphe d’Erlanger lui même.

Projet de restauration et de réaménagement muséographique de l’atelier de peinture du baron Rodolphe d’Erlanger au palais Ennejma Ezzahra

A l’étage du palais Ennejma Ezzahra, du côté Nord-Est, se situe une pièce qui servait de salle à manger, lors de son acquisition. Toutefois, en revenant sur les plans de 1911, appartenant aux archives du baron d’Erlanger, nous constatons que cet espace fût utilisé par le baron comme atelier de peinture. D’où l’idée de lui redonner sa fonction d’origine et d’en profiter pour restituer une ambiance réaliste évoquant la période où le baron s’adonnait à sa passion pour la peinture, cette action serait une action de reconnaissance pour le baron artiste et peintre.

Le lancement d’une réflexion autour de ce projet a suscité l’intérêt de la fondation Kamel Lazaar, qui a pris en charge l’étude et l’exécution d’un système d’isolation et de contrôle hygrométrique et thermique de l’espace consacré à l’exposition des œuvres de peintures et des différents objets que comprend l’atelier. De sa part l’Institut National du Patrimoine, à part son rôle d’encadrement technique, a mis à disposition, une équipe de restaurateurs spécialistes dans la restauration du bois qui ont pris en charge les travaux de restauration du plancher et des différents meubles à exposer dans l’atelier ainsi que les anciens encadrements des tableaux de peinture. Le centre des musiques arabes et méditerranéennes,  a essayé dans une approche consultative d’impliquer des personnalités qui ont travaillé sur le palais tels que Mr Fakher Kharrat, Mr Denis Lesage, Mr Mounir Hentati…

L’approche muséographique consentie par les différents intervenants, face à l’absence d’un document clair sur ce qu’était l’atelier dans le vécu du baron, s’est basée sur deux principes :
d’une part créer toutes les conditions indispensables à la conservation des œuvres de peintures, d’autre part rester dans le même esprit muséographique des autres espaces du palais en s’inspirant des différentes dispositions des ateliers de peintures de l’époque.
Ainsi, un sas en verre a été conçu pour accueillir les visiteurs qui bénéficieront d’une claire perception de l’espace sans pour autant  constituer un risque d’endommagement des œuvres authentiques exposées. La disposition de ces œuvres ainsi que des différents objets relatifs à l’activité artistique du peintre, a été étudiée de manière à recréer l’ambiance intimiste du peintre, avec sa silhouette reproduite sur l’un de ces miroirs pour évoquer sa présence assis sur son bureau en train de peindre.

L’action de mécénat, qui a permis la réalisation de ce projet, a débuté quelques mois avant la promulgation de la loi d’encouragement du mécénat culturel (loi de finance complémentaire 2014 qui a introduit le mécénat et l’a reconnu comme moyen de financement pour tout investissement dans l’industrie et ou les œuvres culturelles). Cette action s’est traduite par un don d’équipements et de matériel au profit du CMAM mais aussi par la mise à disposition d’expertise et de compétences de la fondation Kamel Lazaar.

Fort de la réussite de cette première action le CMAM, organisme d’intérêt général, envisage de lancer une campagne pour inciter d’autres entreprises et fondations à s’engager dans des actions de mécénat similaires. En plus des avantages fiscaux prévus par la loi sur l’encouragement du mécénat culturel, les mécènes potentiels bénéficieront de multiples avantages tels que : la visibilité sur les supports de communication du CMAM, des gratuités sur les billets (concerts et visites), des remises de catalogues et des tarifs préférentiels pour la privatisation d’espaces.

Texte : Fatma Jabberi – Photos : Samia Chagour Françon

Article paru dans iddéco n°28 – Février 2016

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