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Nina-L
La fée créatrice

Elle est d’une sensibilité douce, Myriam Naili vous embarque avec elle dans sa passion créatrice inspirée par les énergies, les voyages et les personnes. Comédienne pendant quatre ans à Paris, elle a suivi le Cours Florent et l’Actor Studio mais ce n’est pourtant pas dans la comédie qu’elle fera carrière. Ce qui faisait vibrer cette grande timide, c’était plutôt les décors qu’elle admirait durant les représentations théâtrales. C’est le chemin qu’elle va suivre en intégrant une école de scénographie afin d’apprendre la décoration. A partir de là, tout se met en place, grâce à un professeur sculpteur Léonardo Rachita qui croyait beaucoup en elle et qui va lui transmettre l’amour de créer des objets. Par la suite, elle fera des stages dans la célèbre galerie d’art et de design parisienne Bô, où elle va rencontrer les jeunes talents du design. « Tout est un parcours de hasards » nous confie-t-elle. La vie personnelle se mêle à la vie professionnelle et la mène au Liban puis à Tunis. Son amour pour son pays et pour ses proches, va l’encourager à revenir s’installer en Tunisie. Elle y découvre les artisans et va avoir envie de créer avec eux. Céramique, art de la table, luminaires, elle va beaucoup essayer et beaucoup créer. Mais c’était une dizaine d’années trop tôt à Tunis. A cette époque, à part El Hanout, personne ne croyait vraiment au renouveau de l’artisanat. Qu’à cela ne tienne, il faut parfois savoir reculer pour mieux avancer. Elle prendra quelques années de réflexion et exprimera sa passion de créer d’une autre manière. Elle sera responsable du merchandising et de la décoration des vitrines de grandes marques internationales venues s’installer en Tunisie : Zara et Mango. De ces grandes firmes, elle apprendra le grand sens de l’organisation et du travail. Une expérience qui va lui être très enrichissante. Et qu’elle va faire fructifier dans son nouveau cabinet de décoration et d’architecture d’intérieur pendant quatre ans dans de grands projets sur le grand Tunis. La Révolution va mettre un frein à ses activités de décoration mais va lui permettre de revenir à sa passion. Pendant un an elle va maturer son rêve afin de pouvoir en septembre 2014 créer sa propre marque : Nina-L.

 

Elle choisit de travailler un monoproduit au début, un produit unique qui sera un sac. Son amour pour les sacs Myriam va le transposer en de superbes créations. Elle part des basiques, des paniers. Elle part s’installer pendant un mois à Gabès d’où est originaire son père. Avec les artisans, elle va travailler inlassablement les nattes, les teindre, avec toutes sortes de produits naturels. De Gabès elle fera le tour du Sud tunisien à la recherche des artisans et de l’inspiration. Elle crée une collection de coufins avec de la laine, du tissu, du cuir… Petit à petit, le cuir va s’imposer. Myriam va tout épurer et garder cette matière qui parle à son imaginaire. Les premiers sacs Nina-L sont nés. Elle travaille avec un petit atelier de sept artisans, pour elle en Tunisie depuis les années 70 il y a une main d’œuvre en maroquinerie extrêmement qualifiée et c’est une chance.

Le succès est au rendez-vous et avec lui une invitation à un salon international de Design à New York qui va lui permettre de travailler d’autre modèles que son sac « Le cube ». Le thème c’est roots, racines en français. Et pour elle, les racines se transforment en veines qui nourissent un cœur rouge éclatant, un de ses plus célèbres modèles.

Le bois est très présent dans ce sac qui reprend l’esthétique des sacoches vintages des facteurs des années 50. C’est une matière organique et brute que Myriam Naili aime travailler pour ce qu’elle renferme comme énergies.

Petit à petit, l’esprit de la marque se profile : « C’est une marque que je veux avant tout éthique qui améliore le quotidien des ouvriers à l’atelier jour après jour. C’est donc de la slow fashion, mais pour des femmes pressées ; pour des femmes qui vivent mille vies en une, qui ont besoin d’objets fonctionnels pour une vie active ».

Elle nous prépare beaucoup de surprises et de nouvelles collections pour les mois prochains, notamment une collection inspirée des pays du soleil levant. Une prochaine collaboration avec des artistes est aussi en projet mais chut… C’est encore un secret. Nous attendons avec impatience les nouvelles créations  de cette designer hyper sensible et prolifique.

Article paru dans iddéco n°34 – Septembre 2017

Texte  : Emna Touiti

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