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NATHALIE GARÇON

"La mode ? non, le style !"

Elle habille les reines en romanichelles, les bohémiennes en princesses. Ses robes sont autant de poèmes, composés de petits bouts d’histoires, de rencontres, de métissages. Ses accessoires lui ressemblent, élégants et fantasques, ludiques et créatifs.

Au cœur de la Galerie Vivienne, une galerie du XIXe, classée, la plus belle probablement de Paris, où elle règne en majesté, Nathalie Garçon convoque l’univers tout entier. La Chine et l’Inde d’abord où elle a longtemps travaillé, s’y rendant régulièrement, créant des modèles, une marque, des collections. Jusqu’au jour où elle découvrit la Tunisie. Elle y retrouvait la lumière et les horizons marins de son enfance méditerranéenne. La somptuosité des couleurs et des matières qu’elle avait été chercher au bout du monde. Et puis elle découvrit les Tunisiennes : elle récite comme un mantra les prénoms de toutes celles à travers le regard desquelles elle a appris à aimer leur pays. La Tunisie était tellement plus près, et recélait de nombreuses potentialités. S’offrant notre pays au cœur, elle en fit une étape obligée, y installa une ravissante demeure dans le village de sidi Bou Saïd, choisit même d’y célébrer son mariage, et y travaille depuis avec ardeur. Tous les mois, on la voit courir des ateliers qu’elle seule connait, dénicher de fabuleux tissus dans les lieux les plus improbables, mobiliser designers et créateurs avec lesquels elle conçoit ses modèles. En un mot faire de notre pays un port d’attache, un lieu de travail, mais aussi et surtout un espace de découverte.

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« Cela fait 40 ans que je fais ce métier. J’ai travaillé en Inde, en Chine, en Pologne. Pas seulement pour la fabrication, mais parce que je veux faire des rencontres, recueillir des savoir-faire différents. On me compare souvent à un chef de cuisine : je fais mon marché, réunit des ingrédients et compose ma carte. Pendant 30 ans j’allais régulièrement à Shangaï, Hong Kong, Bali, Delhi, Jaïpur…Et puis j’ai été invitée un jour à Zarzis, dans le cadre du réseau « Femmes de Méditerranée ». Et j’ai découvert la Tunisie et les Tunisiennes. J’y ai fait de belles rencontres, des créatrices de talent aussitôt invitées dans ma boutique qui est devenue une belle vitrine pour la Tunisie. De fil en aiguille, après avoir exposé des créations, j’ai commencé à fabriquer ici. Des accessoires d’abord, puis des vêtements dans des ateliers dirigés par des femmes. Aujourd’hui, un tiers de ma collection est réalisée en Tunisie, et, tenue de venir tous les mois, j’y ai installé une maison.»

Toutes ces petites unités de production qu’elle implique, toutes ces créatrices qu’elle invite auraient du mal par elles-mêmes à exporter. Nathalie Garçon leur offre une visibilité, permet de faire connaître ces talents et ce savoir-faire souvent ignorés à l’international. Elle les encadre, les met souvent aux normes du goût parisien, et se déclare ravie de pouvoir les mettre en avant : « C’est aussi pour cela que j’adore ce métier. Les gens qui viennent dans ma boutique n’aiment pas le folklore, mais adoptent volontiers la mixité. Le savoir-faire tunisien y est très bien accueilli.»

Avec ses amies tunisiennes, Nathalie Garçon décline une mode féminine, gracieuse, raffinée, toute de tissus rares, de broderies colorées. Mais cette hyper active ne s’arrête pas là. Voilà que cette provocatrice pleine d’humour lance un mouvement belliqueux : « Over Fifty, et alors ? »

Battant le rappel de ses amies actrices, chanteuses, stars en tous domaines, elle monte un défilé, elle dont les défilés sont rares, et prouve que les femmes de plus de cinquante ans peuvent être aussi élégantes, sexy, modernes et fashion addicts que les millenniales du coup dépassées. Le mouvement fait beaucoup de bruit dans le monde de la mode et celui du spectacle, car il implique des gloires connues et reconnues.

Nathalie Garçon, quant à elle, est déjà sur un nouveau rêve, tunisien celui-ci : imaginer un espace de création, de rencontre, d’exposition et d’échanges. Un lieu hybride, international, ouvert, accueillant, où se créeraient des liens culturels, des métissages artistiques, des fusions intellectuelles. Un concept à inventer en quelque sorte. Mais faisons lui confiance, elle le fera.

Texte : Alya HAMZA

 

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