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jaou

Manifestation culturelle : Mon «Jaou»

Mon «Jaou» est un jaou mosaïque, de dernière minute. Arrivée le dernier jour de l’évènement qui fit vibrer et courir le tout-Tunis, c’est au pas de course que je tentais de suivre le parcours arty offert pour la circonstance. Bien sûr, il était impossible de ne pas entrer de plain-pied dans l’événement rien qu’en levant la tête ou en passant sur l’avenue Bourguiba parée de superbes panneaux photos. Mais le temps étant compté, il fallait cibler et concentrer les événements en un temps, en un lieu.

Première étape : le Central, au 15, avenue de Carthage, parce que cet espace courageux fut l’un des premiers à s’implanter au cœur d’un centre- ville quelque peu déserté par les arts. On en fermait presque les portes, mais rien ne résiste à La Presse de Tunisie, n’est-ce pas ?

«Images corporelles», une «exposition» réunissant une dizaine d’artistes qui, dédaignant les cimaises, accumulent leurs œuvres en un amas de cartes entassées sur le sol. C’était insolite, créatif sûrement, mais j’avoue ne pas avoir pris le temps de comprendre. Mais bon, ce devait être moi et pas le concept.

A vol d’oiseau, un autre espace, qui s’est à demi ouvert récemment, et dont on attend beaucoup. Camille Levy nous y offre une série de vidéos réunies sur le thème d’«Injurier le soleil». Des quatre artistes en lice, dois-je l’avouer au risque de paraître béotienne, c’est celle qui n’injurie rien du tout qui m’a retenue et émue : le rêve blanc, diaphane, éthéré, d’une grand-mère qui se meut dans un songe cotonneux, enveloppée de la fameuse couverture tigrée venue de Libye, dont toutes nos grand-mères se sont couvertes.     

Un peu plus loin, à la maison de la culture Ibn-Khaldoun, dont personne ne nous avait dit qu’elle était devenue si belle, un hommage à une icône de la photographie : Jacques Perez. Jacques nous a quittés sur la pointe des pieds il y a peu. L’hommage s’imposait. L’Association «Nous Tous» l’a fait. Et c’est un tel plaisir de retrouver l’œil en éveil, la malice et la tendresse d’un regard, le juste moment saisi de ce très grand photographe à qui il semble impératif et urgent de consacrer un livre.

Improbable et difficile à trouver l’espace suivant, dans un ancien hôtel transformé en centre commercial visiblement abandonné où seul un café diffuse un semblant de vie. Là expose Hichem Driss. Sur le thème de «Tout ça pour ça», l’artiste présente des photos d’hôtels et de lieux autrefois courus, ancrés dans la mémoire, aujourd’hui abandonnés, qui rendent l’âme dans la solitude. Et il est vrai que dans cet espace à demi-abandonné, cela avait du sens et faisait écho.    

Autre lieu improbable, où tous les artistes sont passés autrefois, et dont sont sortis les plus beaux livres d’art, aujourd’hui souvent devenus collectors: les anciennes imprimeries des éditions Cérès.

Le gardien du parking nous empêche de nous garer : une partie des locaux est, en effet, occupée par un dépôt de produits pharmaceutiques et ils attendent des livraisons. Mais une fois de plus, rien ne résiste à La Presse de Tunisie.

«Un journal intime collectif» réunit une douzaine d’artistes dans une «Fabrique». C’est en fait, à une fabrique de souvenirs et d’images qu’on les a invités à participer. A créer des albums de famille pour lesquels chacun a choisi un matériau, une approche, un détour. C’est jeune, joyeux, créatif, poétique, humoristique, étonnant quelquefois, émouvant souvent.

La toute nouvelle galerie Yosr Ben Ammar était l’étape suivante avec comme photographe la jeune Amira Lamti à laquelle on a offert le premier niveau de l’espace pour une expérience « Sans limite ». Une jolie façon d’être adoubée.

Et puis, pour clôturer ce marathon encore incomplet, la très belle exposition proposée par la galerie TGM à la Marsa où six photographes, connus, moins connus, ou en passe de le devenir, ont travaillé, chacun à sa manière sur «Corps (dés-Accords).

Les corps voilés de Héla Ammar, ceux figés de Marianne Catzaras, les corps détournés de Giliberti, ceux radiographiés de Meryem Bouderbala, les corps chorégraphiés de Kaïs Ben Farhat, ou encore les corps exaltés de Firas Ben Ali ont offert une superbe point d’orgue à cette déambulation imagée forcément incomplète, mais que nous vous promettons de poursuivre.

Texte : Alya Hamza

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