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L’hôtel Hasdrubal

Comme un musée à ciel ouvert

C’est une collection, la plus importante de Tunisie, après celle de l’état, représentative des divers courants de la peinture tunisienne et arabe. Elle est développée par amour et respect de l’art et des artistes par Mohamed et Raouf Amouri, des promoteurs touristiques mécènes et fondateurs de la chaîne hôtelière Hasdrubal.

Mohamed Amouri, fondateur de la chaine d’hôtels de grand luxe, Hasdrubal, initie dès les années 70 cette opération d’acquisition d’œuvres modernes majeures. Son fils Raouf Amouri poursuit aujourd’hui la passion du père et une politique de mécénat inscrite sur les cimaises des hôtels de la chaine. Les trésors de la collection parent les sas, les halls, les couloirs et les chambres des hôtels Hasdrubal à Yasmine Hammamet, Sousse et Djerba, donnant à ces établissements touristiques l’allure inattendue de lieux d’art et de culture. Comme une exposition au long circuit. L’occasion nous a été offerte de redécouvrir cette prestigieuse collection d’art lors de la célébration en octobre dernier du vingtième anniversaire de l’hôtel Hasdrubal Thalassa Yasmine Hammamet. Pour marquer cet événement, l’hôtel qui a obtenu le Prix du Tourisme Culturel décerné lors du concours Tunisia Hospitality 2019, a organisé un séjour pour les fins mélomanes européens sur le thème : « Concerts et palaces », le premier du genre en Tunisie. Un moment fort, où la musique et la peinture ont donné à cette série de concerts où se sont produits des musiciens de grand talent une tonalité unique.

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Le hall de l’hôtel Hasdrubal à Hammamet, véritable galerie d’art © Hiba Chtioui

8M8A4087Patrice Fontanarosa, violoniste avec sa fille Stéphanie, pianiste © Nadhim Ben Yedder

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Dans le cadre de « Concerts et Palaces », le premier du genre a eu lieu à l’hôtel Hasdrubal à Hammamet Les organisateurs de l’International Celo Events ont donné carte blanche au célèbre violoncelliste Roland Pidoux, accompagné au piano par Stéphanie Fontanarosa © Nadhim Ben Yedder

Raconter l’Histoire de la peinture moderne, reconstituer des itinéraires

Victor Sarfati, Pierre Boucherle, Jacques Marmey, Nejib Belkhodja, Aly Ben Salem, Abderrazak Sahly, Jellal Ben Abdallah, Mahmoud Sehili, Aly Bellagha, Zoubair Turki, Ridha Bettaieb, Mohamed Ben Meftah, Rafik El Kamel, Adel Megdiche, Fatma Charfi… Depuis le Groupe des quatre (les années 30 et 40) en passant par l’Ecole de Tunis, jusqu’aux expressions d’art contemporain, la collection des Amouri retrace l’histoire de la peinture tunisienne à travers ses tendances, ses têtes d’affiche et ses évolutions. Elle permet de reconstituer des itinéraires de plasticiens comme Ben Salem, Belkhodja et Sehli. Sa diversité de formes, de matériaux et d’inspirations est visible à celui qui se perd dans les couloirs de l’Hasdrubal Hammamet notamment, une exposition permanente comme un musée à ciel ouvert.
« Plus qu’une collection, il s’agit là d’un patrimoine », écrit Rachida Triki, professeur de philosophie de l’art à l’Université de Tunis. Elle ajoute : « Elle permet grâce à la variété des expressions et la pertinence du choix des œuvres savamment exposées dans l’espace des hôtels, un regard critique sur une pratique artistique qui témoigne des conduites créatrices de notre présent. »

MG 5746Aly ben Salem – Gouache sur carton – 76×56 cm

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Nejib BELKHODJA  – Huile sur toile – 92×60 cm

Abdrerrazak SahliAbderazzak SAHLI – Acrylique sur toile – 100×100 cm

Des artistes en exil réfugiés sur les cimaises de l’Hasdrubal

Celui qui erre les yeux accrochés aux cimaises parmi les étages de l’Hasdrubal Hammamet rencontre sur son passage des œuvres et des signatures moins connues que celles des plus prestigieux pionniers de l’art moderne tunisien, mais pourtant tellement puissantes et captivantes. Des signatures d’artistes iraquiens et algériens ayant séjourné en Tunisie au moment où leurs pays passaient par des conflits armés. Leur force consiste à sublimer la déchirure de l’exil en produisant des tableaux d’une grande esthétique, racontant l’enfance, le patrimoine et les mythes de leurs contrées d’origine. Parmi ceux-là émerge le Chagall arabe, l’Iraquien, Hassan Alwan, dont les personnages défient les lois de la gravitation et évoluent dans un univers onirique rappelant l’art décoratif musulman et les miniatures persanes.
L’Iraquien Dhia Al Khuzai est lui aussi touché par la grâce des couleurs. Ses tableaux habillent de poésie les murs des hôtels Hasdrubal. Sa signature s’apparente à la silhouette d’une bicyclette enchevêtrée dans les plans et signes de ses tableaux. Un objet de désir dont il a été privé l’enfance entière, raconté, ressassé, magnifié jusqu’aux frontières du lyrisme.

Texte : Olfa BELHASSINE
Article paru dans iddéco n°42 – décembre 2019

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