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Artiste : Slimen El Kamel.Titre : Je suis un arbre.Technique : acrylique sur toile et assemblage (diptyque).Dimensions : 135x130cm.Année 2022.Exposition : Emprise et recueillements

Les échos de la rentrée artistique

La rentrée artistique a été riche en expositions et en thématiques. Après la chaleur estivale, les amateurs et les professionnels du monde de l’art se sont rués vers les galeries et les espaces appropriés.

Niché au Centre des Arts Vivants de Radès, le Musée Safia Farhat pose une question fondamentale en guise de titre de son exposition du mois de septembre : « Peuple es-tu là ?». Comme pour entrer en communication avec les esprits d’un Ouija, une vingtaine d’artistes se proposent d’invoquer un peuple qui semble être aux abonnés absents. Car si l’on s’interroge sur l‘existence même du peuple c’est que la synergie formée par Demos et Kratos est défaillante et qu’il est impératif de le signaler. 

D’autres évènements abordent d’autres questions. Pour sa 6ème édition, le festival Jaou se penche sur la photo et décortique le corps dans tous ses états. Une panoplie d’expositions, de débats, de projections et de spectacles affluent et découlent sur les artères des rues de Tunis et ses environs, dans les galeries d’art et les espaces publics. Une centaine d’artistes tunisiens et étrangers étaient au rendez-vous. Des expositions satellites ont pris le relais en dehors de la capitale notamment à Sousse et à Sfax. En plein air à l’avenue Habib Bourguiba les passants peuvent cogiter sur des interrogations affichées sur les panneaux urbains : ‘Nos corps sont-ils des sièges de pouvoir ?’ ou encore ‘Comment pouvons-nous guérir et nous reconstruire ?’.

Dream City a tenu sa 8ème édition. La médina s’est faite belle pour accueillir, entre autres évènements, la musique de Emel Mathlouthi ou encore la performance théâtrale de Jalila Baccar, Métamorphose #2 par Essia Jaïbi. Un programme varié et la promesse de répandre la culture et l’art dans les coins et les recoins de la médina pour servir et ravir les visiteurs.

Adnène Hadj Sassi ouvre son monde à la galerie TGM avec « IMAGE MAGIE : confessions sous les plis ». Des personnages aux drôles d’empreintes qui gesticulent, s’agitent et se tordent dans un mouvement immobile. Un mouvement compressé, délimité par l’espace clos de l’œuvre mais cerné aussi par des lignes bien soulignées qui ne laissent aucun moyen de s’échapper. Ces figures se côtoient et parlementent dans la galerie en toute quiétude avec d’autres compositions plus abstraites en grand format. Un peu plus loin, étreintes et caresses se frottent au papier avec toutes les subtilités du graphite qui érotise chaque courbe et magnifie chaque touche. Les silhouettes de Adnène Hadj Sassi s’affichent en toute discrétion. On le devine d’emblée : les confessions sous les plis garderont leurs secrets. Le magicien a pris le soin de les crypter.

La Galerie Yosr Ben Ammar a réuni cinq artistes dans une exposition de groupe intitulée «Borderless». Si Halim Karabibene, Nabil Saouabi, Feryel Lakhdhar et Slimen Elkamel ont investi le rez-de-chaussée, la mezzanine a été allouée aux photographies de Amira Lamti. Comme dans un ouvrage littéraire, l’artiste s’amuse à user des procédés stylistiques visuels pour agrémenter son écriture esthétique. Ayant fait le choix d’une thématique axée sur la nature, la terre et les arbres en particulier, elle transpose, parfois, ses sujets dans une mise en abyme quasi parfaite en incrustant dans quelques-unes de ses photos une autre photo inspirée de l’œuvre. Elle prend un fragment de l’œuvre ou une idée similaire et l’intègre dans la photo principale créant ainsi une synecdoque visuelle subtile et ingénieuse. Une transposition de registre menée avec brio.

Slimen El Kamel
Artiste : Slimen El Kamel.
Titre : Je suis un arbre.
Technique : acrylique sur toile et assemblage (diptyque).
Dimensions : 135x130cm. Année 2022.
Exposition : Emprise et recueillements

Faten Rouissi expose ses « Correspondances du temps présent » à la galerie Mille Feuilles avec Aude Minart comme commissaire d’expositions. L’artiste a concocté un échange pictural sous forme de lettres adressées à des destinataires anonymes. Chaque enveloppe est porteuse d’un message abstrait composé et interprété librement pour passer comme une lettre à la poste.

Ramzi Souani entraine son public dans son musée imaginaire installé à la galerie Elbirou à Sousse avec «Le livre de l’œuf» : Chronique d’un simulacre. Un roman rocambolesque que l’artiste a bâti pièce par pièce. Une exposition de photos, une installation vidéo, des œufs sculpturaux et bien d’autres singularités sont accessibles au public. Un jeu d’illusion et de réalité qui intrigue et alimente la curiosité des visiteurs.

The Goat studio, un espace singulier qui se veut un havre d’art et de création, accueille sa deuxième exposition «Emprise et recueillements». Ses hôtes, Asma Ghiloufi et Oussema Troudi, ont invité 22 artistes à adopter des œuvres de femmes internées à l’hôpital Razi. Une expérience qui ouvre un dialogue entre l’art brut et l’art contemporain. Une manière de mettre en exergue une pratique artistique non conventionnelle afin d’interroger ses ambiguïtés et retranscrire toute sa quintessence.

Enfin, comme à son habitude, Chahrazad Fekih nous fait voyager dans son microcosme avec «Insectum: Merveilles et Émerveillement», une exposition qui se tient au Violon Bleu jusqu’au 15 décembre 2022. Une invitation au voyage durant laquelle l’artiste fait office de porte-parole de ces invertébrés minuscules qui se métamorphosent le temps d’une exposition en créatures géantes ; une mante religieuse qui prépare son ouverture de bal avant de s’engager dans une danse folle, un scarabée bleu aux allures majestueuses observe en silence les visiteurs qui le dévisagent, une chenille en pleine évolution sort de son cocon pour rejoindre ses concitoyens… Avec toute la délicatesse de ses dessins, l’artiste nous donne une leçon d’humilité et nous rappelle que nous ne sommes pas les seuls à peupler cette terre.

Texte : AMIRA ZILI

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