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Sefsari

LE SEFSARI

Un savoir-faire en voie d’extinction…

Le sefsari (ou sefseri) est un immense foulard traditionnel féminin porté en Tunisie. Il est composé d’une large pièce d’étoffe couvrant tout le corps de la femme. Il est en général de couleur crème en coton, satin ou soie.
El Alia 0009 N Femmes Voilées

En fait cet habit ou ce vêtement non cousu est une sorte de voile qui nous est venu d’Eccham mais qui a toujours existé et vécu pour parer la femme en toutes circonstances. C’est en quelque sorte l’extension de la manière ancestrale de s’habiller, celle du tissu non cousu. Porté pour se parer ou se couvrir, ce « tomber de métier » comme l’appellent certains est considéré comme un « sur-vêtement », un « cache-misère » pour les sorties à la va-vite et un voile élégant pour les grandes occasions. Ce tissu, rappelons-le est fait, tissé, décoré, par les hommes pour les femmes (il est porté par les femmes par pudeur et pour éviter les regards masculins).
Après l’indépendance et avec l’évolution des mœurs et de la société et surtout de l’habit féminin, le port du sefsari devient un frein à la libération de la femme. On se rappellera tous de la fameuse photo de Bourguiba voulant libérer une femme de son sefsari comme pour l’encourager à prendre son véritable statut dans la société, celle d’être l’égale de l’homme.
Aujourd’hui le sefsari véritable objet à connotation culturelle a quelques survivances dans certaines villes du pays mais il est surtout porté lors de la cérémonie du mariage en particulier à la sortie du hammam comme pour cacher la beauté de la future mariée des regards.
Le tissage est une activité si ancienne qu’il nous est impossible de la situer dans un cadre historique exact. Aucun fait ne peut, en effet, indiquer qu’elle a existé à tel endroit avant tel autre, c’est surtout le besoin de se couvrir et de se protéger contre les intempéries qui a poussé les premiers hommes à inventer la technique du tissage et à produire différentes textures de tissu.

En Tunisie, chaque région s’est approprié la technique à sa manière et les fabrications ont été adaptées aux traditions et spécificités vestimentaires locales.
Ainsi le sefsari serait la version moderne de « laajar » (habit traditionnel sans couture, qui tombe sur les épaules et couvre le visage en laissant entrevoir les yeux) importé par les Turcs.

Sefsari

Concernant la technique employée, on pourra juste dire que le tissage nécessite deux éléments : une chaîne (fils longitudinaux) et une trame (fils transversaux). Le tissage consiste en la réunion de fils qui s’entrecroisent de façon déterminée. On appelle « armure » le mode d’entrecroisement des fils de chaîne et de trame pour produire le tissu. Les armures les plus courantes sont le taffetas et le satin, les produits fabriqués varient du tapis au hambel, en passant par la jellabah, le burnous, la handira, le hayek).
Le tissage du sefsari n’est plus développé. Les causes seraient la difficulté du métier et la diminution de la demande. Le travail requiert une grande rigueur et beaucoup de patience : la moindre faute se voit sur le produit final et risque de diminuer sa valeur.
La fabrication d’un sefsari (pièce de 2m sur 2 et comportant 6800 fils) nécessite des heures de travail et un effort aussi bien physique que mental. L’opération est délicate, les fils de la chaîne sont repris tour à tout pour être placés deux par deux dans une dent du peigne.
Au début, le tissage nécessitait trois intervenants et ce n’est qu’avec l’introduction du jacquard, importé d’Europe, que leur nombre fut réduit à un seul.
Si la difficulté reliée à l’exercice du tissage explique la fuite de la jeune génération, l’évolution de la société tunisienne et de son mode de vie ainsi que l’émancipation des femmes juste après l’indépendance sont, elles, les facteurs qui ont rendu le port du sefsari un fait rare. Un geste généralement rattaché à des contextes restreints tels que les régions intérieures où les mœurs sont encore assez rigides et aux femmes d’un certains âge.
Désormais, ce n’est que pendant la saison estivale que le secteur connaît un éveil, saison des fêtes et des mariages et occasion pour les futures mariées d’acheter des sefsaris pour leurs trousseaux.

Article paru dans iddéco n°7

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