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JAB 7315

Le Palais de la Rose
Fragrances du paradis perdu

Il y a comme une dissonance entre l’appellation et la fonction. La Palais de la Rose, à la Manouba, abrite en effet l’actuel Musée militaire national. Mais l’histoire nous apprend aussi qu’ici, entre la fleur si délicate et le rude métier de soldat, il y a des liens fort anciens.

Ces liens, les spécialistes les font remonter au XIV° siècle, plus précisément à 1420, du temps de la dynastie almohades qui fit ériger un parc royal pourvu d’une somptueuse résidence dans ce qui était à l’époque (et qui demeurera jusqu’au milieu du XIX° siècle) une riche campagne au climat recherché pour ses bienfaits sur la santé. La chronique ne dit pas si, comme on peut le supposer, s’agissant d’une dynastie conquérante, ce parc était doté d’installations militaires. En tout cas, il le sera plus de trois siècles plus tard quand le prince bâtisseur, Hammouda Pacha, entreprit en 1798 de construire sur l’emplacement même de l’édifice almohade une vaste et luxueuse maison de campagne qu’il baptisa Borj el-Kébir. Cette résidence et ses dépendances avaient une superficie beaucoup plus vaste que celle de l’actuel Musée militaire national.

 

Les spécialistes relèvent que le plan général du bâtiment est du type almohade. Il comprend un rez-de-chaussée et un étage. Son architecture et sa décoration tant intérieure qu’extérieure sont considérées, hormis les rajouts de style italianisant, comme du pur style tunisien d’inspiration hispano-maghrébine.

On accède au bâtiment central par une double cour entourée de portiques soutenus par d’élégantes colonnes de marbre. Une façade surélevée donne accès à des ailes et des appartements autour d’un grand patio. Le visiteur sera plus particulièrement frappé par le joyau de cet édifice, une  splendide salle d’audience et de justice au fond de laquelle se dresse le trône beylical.

C’est dans les jardins de ce palais qu’avait été aménagé un bijou de petit kiosque composé d’une salle carrée avec une abside couverte d’une toiture surplombée aux coins de quatre petites coupoles autour d’une grande coupole centrale côtelée. Ce pavillon tombait en ruines quand, aux débuts du siècle dernier, il a été décidé de le démonter pierre par pierre et de le remonter sur les hauteurs nord de la capitale, dans un parc alors en cours d’aménagement et qu’on appellera le Belvédère. C’est la fameuse Kobbet el-Hawa !

Le Palais de la Rose a servi de résidence d’été aux monarques de la dynastie husseinite jusqu’en 1839 quand Ahmed Pacha y installa le corps de l’Artillerie, puis celui de la Cavalerie. Au début du XIX° siècle, il a servi de résidence aux hôtes de marque de passage à Tunis. Il accueillit ainsi en 1802 l’amiral de la flotte française Lessègue, venu en tant qu’ambassadeur extraordinaire du Premier consul de France, Napoléon Bonaparte et, en 1816, la reine Caroline de Brunswig.

A l’instauration du protectorat français en Tunisie, le palais devint le quartier général des armées d’occupation. Depuis, il a servi à différents corps de l’armée française. A l’Indépendance, l’Etat récupéra le bâtiment et y entreprit une vaste campagne de restauration au bout de laquelle il le confia à l’armée tunisienne qui en fit le siège du Musée militaire national.

Texte : Tahar Ayachi – Photos : Samia Chagour Fronçon

Article paru dans iddéco n°27 – Décembre 2015

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