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L’Atelier de Majed Zalila

"Mad and Dumb Faces"

C’est perché au dernier étage d’un petit immeuble à El Manar que l’on accède à l’atelier de Majed Zalila. Des tubes de peinture, un amoncellement de feutres acryliques, des chevalets se disputent l’espace. On y trouve deux canapés peints par ses soins, des toiles qui se baladent un peu partout, l’artiste était en pleine préparation de son exposition personnelle, à la Galerie Kalysté. Malgré cette période chargée, il nous a accueilli dans son chaleureux bazar.

Cover copie 2Un grand appartement lui sert d’atelier et c’est dans la pièce principale, qui aurait dû servir de salon, qu’il peint et dessine ses grandes toiles. Il occupe la pièce du fond quand il travaille les petits formats, ses découpages et collages ou ses dessins à l’encre de Chine. C’est là qu’il expérimente. Une autre pièce lui sert de rangement. Il y entrepose les œuvres terminées, encadrées et tout son matériel. Des caisses entières de feutres acryliques, de tubes de peinture s’y bousculent. Ses papiers et châssis n’attendent qu’à être utilisés.

La télévision qui peut paraître insolite dans un atelier d’artiste, fait office de compagnie. Majed avoue en avoir besoin comme fond sonore quand il peint ou dessine, même s’il ne la regarde pas pour autant.

Dans son atelier, Majed Zalila déploie son univers. « J’investis dans les couleurs, le matériel. Je prends ce qu’il y a de plus qualitatif. Je tiens à ce que mes peintures tiennent dans le temps. Je dois rester professionnel, si bien que je travaille régulièrement, comme une personne irait au bureau, moi je me dirige vers mon atelier », nous explique-t-il. « D’une exposition à l’autre je cherche toujours à innover. Je veux qu’il y ait du changement et que mon travail évolue. J’ai besoin de me dire que j’avance. Cela me contrarierait de penser, un seul instant, que je stagne. »

Tableau 04

De quoi s’inspire-t-il ? Tout simplement, du quotidien, de la vie tunisienne.

« Quand j’habitais le centre-ville, j’avais l’habitude de m’installer dans un café et d’y observer toutes sortes de gens. La ville nous offre un spectacle hétéroclite et coloré de personnages qui m’inspirent tous autant qu’ils sont. Je peins l’homme de la rue, je le déforme, je l’allonge ou l’aplatis ; un géant ou un nain, un gros ou un chétif maigrichon. Je peins les crépus, les moches, les grosses, les belles, les pin-ups ou les bimbos qui m’amusent. »
« Après la révolution, ma composition a changé, nous explique-t-il, elle s’est enchevêtrée à tel point que mes tableaux sont devenus lisibles dans tous les sens. L’actualité est très riche en ce moment, elle n’est pas toujours rose mais j’essaye d’y apporter une note d’humour.

Comme j’aime bien rire, je tiens à ce que ma peinture raconte une histoire légère et sympathique. »

Canapè

Pour sa dernière exposition personnelle, il a introduit des animaux, une espèce qu’il n’avait pas abordée jusque-là :
« En réalité, je me laisse guider par la peinture. J’ai longtemps déambulé à Paris puis à Lyon et j’y avais pris des photos de choses et d’autres. Aujourd’hui, j’exploite ces photos pour servir de fond à mes dessins. »

Son nouveau travail nous enchante, il y est plus libre, plus décontracté. Le dessin se fait une fois le fond travaillé contrairement à son cheminement habituel.

Le hasard le fait rêver davantage, il procède d’un long cheminement intérieur qui, à l’instar de sa pensée, prend appui sur une réflexion, une impression…

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Il s’attelle à former les décors et n’a pas besoin de grand-chose. Il sait combiner ses couleurs avec une énergie en perpétuelle évolution. Il se plait à exprimer les tribulations spirituelles ou géographiques des hommes pour témoigner et dénoncer la réalité du pays. Ses peintures traitent des problèmes politiques et sociaux d’actualité, dans un style à la fois documentaire et plastique.

Majed Zalila sera ravi de vous ouvrir son atelier, il n’est pas de ces artistes qui ont besoin d’intimité pour travailler, au contraire, il prend plaisir à sentir bouger autour de lui.

Texte : Nadia ZOUARI – Photos © Vincenzo Magnani

Article paru dans iddéco n°42 – décembre 2019

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