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La maison d’Aurélia

Il y a une idée reçue qui a la vie longue et qui, la plupart du temps se révèle fausse, « Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés »… On ne saurait bien faire que pour les autres et on se négligerait soi-même. Même s’il est particulièrement ardu pour un architecte de concevoir sa propre maison, Aurélia Bouyssonie a réussi avec brio l’exercice.

L’inspiration pour sa nouvelle maison, elle l’a puisée dans les plus anciens de ses souvenirs. Dans son enfance passée dans une maison traditionnelle tunisienne, entre ses murs hauts et frais, à l’ombre d’un jardin luxuriant. Une atmosphère apaisante qu’elle ne cessera de vouloir transposer dans ses nombreux projets architecturaux à travers Tunis.

Dans cette maison résolument moderne, on devine l’entrée avant de réellement la voir. On devine un chemin, un parcours entouré de papyrus majestueux. L’entrée est dissimulée mais s’ouvre une fois révélée par une porte double en fer noir à moitié vitrée, sur une sensation d’espace saisissante.

 

Nous sommes dans l’espace de vie central où un grand canapé d’angle de chez Zina semble vous inviter à vous détendre afin d’apprécier l’atmosphère apaisante de la maison.

Nous sommes loin des désagréments de la ville quand nous nous installons sur ce canapé, face à cette baie vitrée totale, et que nous admirons la superbe vue sur la piscine en pierre noire naturelle. C’est à cet instant que nous prenons la mesure de la hauteur de la maison, quatre mètres cinquante de blancheur. Curieusement, nous ne nous sentons pas tous petits face à cette hauteur inhabituelle. Est-ce dû à la décoration, aux meubles ? Sûrement aux deux, à la douceur de la décoration d’abord. Tout est soigneusement choisi dans des tons doux, neutres, naturels rehaussés par le vert pétant des plantes disposées comme une petite forêt intérieure.

Une lampe Pipistrello se glisse parmi cette composition végétale et achève un tableau, qui grâce à la transparence de la baie, continue vers l’extérieur pour rejoindre le jardin. Sobrement, la fibre naturelle des tapis et le lin crème des rideaux feutrent l’atmosphère.

Pour ne pas laisser trop de place aux murs blancs, Aurélia a disposé sur le mur qui fait face à l’entrée une collection de photographies, de dessins d’artistes tunisiens et internationaux. Çà et là dans cette pièce, nous retrouvons des œuvres d’art d’artistes tunisiens ou des pépites de grands designers internationaux. Sur une table basse en céramique vernie, une œuvre de l’artiste Imène Chetaoune confirme la sensibilité des maîtres des lieux pour l’art et pour les artistes tunisiens surtout.

 

La pièce centrale est le noyau de la maison, l’endroit sur lequel toutes les pièces débouchent. Tout autour, de grandes portes en bois de chêne clair, qui sont la signature de l’architecte dans nombre de ses réalisations,semblent cacher des trésors.

La première porte en face de la baie vitrée ouvre sur un espace cuisine généreux en taille et en design, baigné de lumière douce grâce à deux grandes baies vitrées. La première partie de la cuisine est un espace dînatoire couronné d’un magnifique lustre en verre de Murano de Carlo Scarpa et chiné chez un antiquaire… La table est en noyer et les chaises sont une réédition des fameuses chaises DSW de Eames acheté chez Prestige Project. La bibliothèque de style industriel achève l’espace avec un mélange de beaux livres, d’objets design et de souvenirs de famille. La légèreté de la bibliothèque a permis de ne pas alourdir l’ambiance. Un mélange surprenant mais réussi pour ce coin salle à manger.

La cuisine est conçue par l’architecte, sous sa griffe design Marmospirito, en bois peint en noir et marbre blanc. Le mur de la cuisine accueille un piano de cuisson digne des plus grands chefs et deux séries de placards, les uns ouverts permettant de mettre en valeur batterie de cuisine et bocaux d’ingrédients, dans un style industriel chic très tendance. Les étagères apportent à cette cuisine une légèreté et un certain esprit convivial. L’îlot central imposant par ses proportions divise l’espace. Les suspensions, de chez Zina, en cuivre lustré, éclairent l’îlot central et séparent les deux espaces de la cuisine.

On rejoint à nouveau l’espace de vie central, où une autre porte ouvre sur le bureau d’Aurélia Bouyssonieet sur les chambres des enfants. Le bureau baigne dans une lumière généreuse légèrement atténuée par un écran de plantes intérieures. Un bureau d’architecte avec une belle collection de livres d’architecture et d’échantillons de matériaux élégamment disposés dans une bibliothèque métallique. Une chaise Tulip d’Eero Saarinen trouvée chez un antiquaire dialogue avec une statuette africaine sur le tapis Cement Tiles de Marlo&Isaure. De part et d’autre, les deux chambres des enfants ont chacune une petite salle de douche privative et ouvrent sur le jardin par une grande baie. Leurs chambres, se sont les espaces d’expression de soi pour les deux enfants du couple. Pour l’adolescente, le sens de la composition des cadres sur le mur semble être hérité de maman. Pour le petit garçon, l’esprit de collection est là, les voitures miniatures de collection côtoient les figurines de super héros et les échantillons de pierre volcanique.

En traversant une dernière fois l’espace central, nous allons vers la suite parentale aux tons feutrés. La chambre tout d’abord a un mobilier simple mais beau, un lit double et quelques tables basses de Zina et Marmospirito en guise de tables de chevet, une belle lanterne en cuivre et verre et de très belles appliques lumineuses qui apportent une touche romantique à l’ensemble.

Le tapis d’inspiration orientale apporte une explosion de couleur à la chambre en se reflétant dans les portes de placards entièrement recouverts de miroir. Une jolie manière de camoufler des portes qui peuvent ne pas être très esthétiques. Enfin, nous rentrons dans un univers aérien, la salle de bain. Ici les meubles de bain dessinés par Aurélia trouvent un écrin à leurs formes épurées. Le marbre blanc des meubles, le sol en Foussena gris parsemé d’éclairs blancs et les arbres qu’on aperçoit à travers la baie vitrée créer une atmosphère de douceur infinie.

Texte : Emna Touiti – Photos : Vincenzo Magnani
Article paru dans iddéco n°34 – Septembre 2017

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