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Jellal BEN ABDALLAH
TEL QU’EN LUI MÊME

Le chantre de Sidi Bou Saïd nous a quittés sur la pointe des pieds. Celui qui, mieux que personne a glorifié le village sacré au point qu’on assimilait son image à la ligne d’horizon du Boukornine, la montagne aux deux cornes qui estampillait toutes ses œuvres, est parti tout doucement, sans faire de bruit. Probablement le pinceau à la main car il n’avait jamais arrêté de travailler et préparait une exposition pour le printemps prochain. Sa silhouette familière ne hantera plus les ruelles pavées, ses partenaires aux échecs ne disputeront plus de mémorables parties, sa voix, reconnaissable entre toutes, ne protestera plus contre une intrusion de mauvais goût dans l’harmonie blanche et bleue de cet environnement miraculeux qui était le sien.

Jellal ben Abdallah avait conçu son environnement quotidien comme une œuvre d’art : une maison d’une subtile harmonie, toute en décrochements, niveaux, cascades, et miraculeux équilibre. Un atelier − et une salle de bain − ouverts à plein ciel, à pleine mer, à l’infini bleu. Un jardin de pierres et de plantes où une flaque d’eau piscine, reflète les nuages qui passent. Des objets qui tous, racontent une histoire, une rencontre, une mémoire. Dans cette maison, le monde entier est venu lui rendre visite : hommes politiques et artistes, princes et tycoons, stars et écrivains, poètes et philosophes, mais aussi le cafetier du café des nattes ou le marchand de jasmin qu’il aimait peindre. Il les accueillait de la même manière, avec le même raffinement et la même simplicité, et Latifa sa muse leur offrait des nectars de fruits et des salades de fleurs. La haut, dans le petit cimetière tout proche de sa demeure, il repose dans la douce sérénité des lieux, aux côtés de ses pairs, Abdelaziz Gorgi, Aly Bellagha, Brahim Dahak, et l’on est sûr qu’au soir tombé, les murmures que porte le vent, parlent d’art et de peinture.

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Femmes je vous aime ! 2011 – acrylique sur kraft et feuille d’or © Jellal Ben Abdallah
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Musique de chambre, 2010 – acrylique sur kraft et feuille d’or © Jellal Ben Abdallah

Texte Texte : Alya Hamza – Photos : Salah Jabeur

Article paru dans iddéco n°35 – Janvier 2018

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