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Houch El Khir à Djerba

Un palais émerge telle une île au cœur des vergers

La piste menant à Houch El Khir de Leïla Dali-Bouricha est sinueuse. Elle est bordée d’une haie naturelle en terre battue (tabia) reliant entre eux une poignée de menzel (habitations et exploitations agricoles djerbiennes traditionnelles) appartenant à une vieille et richissime famille de commerçants de l’île. Nous sommes à Bahbah dans la zone de Mahboubine connue pour la luxuriance de ses vergers aux senteurs envoûtantes : des grenadiers, des figuiers, des amandiers, des pommiers, des vignes…

La porte du jardin franchie, le visiteur est accueilli par une double rangée de palmiers altiers, subtilement éclairés le soir venu par des photophores, qui laissent deviner au loin le houch (maison). Véritable forteresse -l’île n’a pas arrêté d’être envahie tout au long de l’histoire- le houch apparaît comme un bloc rectangulaire, flanqué aux quatre coins de ghorfa, fonctionnant à la fois comme observatoires et comme chambres d’été.

 

La seconde vie de ces objets

Pour les fêtes, le silence roi et le dépaysement

Leïla Dali-Bouricha a vu juste en achetant en 2007 cette propriété qui s’étend sur un terrain de deux hectares et demi. La demeure, construite en 1880 sur les vestiges d’un houch encore plus ancien, est la plus vaste et la plus noble de toute la région. Son imposante porte d’entrée en bois encadrée de fins piliers en pierre calcaire, de chapiteaux et d’un arc outrepassé rappelle celle des lointains palais andalous. Il aura fallu à la nouvelle propriétaire attendre les deux années qu’auront duré les travaux de restauration du bâtiment et de plantation du jardin pour concrétiser son rêve de mettre généreusement à la disposition des clients VIP de l’hôtel Yadis Djerba, appartenant à son mari, une maison de caractère qui se prête tellement bien aux fêtes, aux soirées chantantes et dansantes et aux dîners privés. Mais également au goût du dépaysement et de la zénitude de tous ceux qui veulent profiter du silence qui règne ici en maître absolu.

A part l’installation des sanitaires et de l’électricité, Leïla Dali-Bouricha n’a rien introduit de nouveau dans le houch : sa sobriété pour l’artiste peintre, bijoutière et designer qu’elle est semble d’une telle perfection. Elle a gardé le patio, entourant les quatre chambres-suites, tel quel avec son impluvium au centre et son sol en terre battue. Elle a décapé le bois que recouvraient mille et une couches de peinture pour retrouver la peau originelle des portes, des volets des fenêtres et des rampes d’escaliers menant à la ghorfa, peint les quatre salles de bains dans un tedlekt aux tons jaune soleil, rouge brique, parme lumière et beige tendresse.

 

Silence roi et dépaysement

Lorsque des tapis anciens gagnent une seconde vie

A l’intérieur des chambres aux multiples niches et aux alcôves flanquées d’un espace nuit (sedda) joliment intimiste, Leïla Dali-Bouricha a délicatement mélangé les meubles en bois ciselé dans un style traditionnel tunisien de SAD (Carthage), canapés, armoires, consoles, banquettes, tables basses, aux poufs aux rayures festives et aux miroirs profonds de Mohamed Messaoudi (Atelier Driba). Les jarres en terre cuite fabriquées selon les mêmes procédés qu’a l’époque punique viennent des ateliers de poterie d’Adel Seggar de Guellala (Djerba). Attention aux trois autres monumentales jarres entreposées ici et là sur des supports en fer forgé : ce sont de précieuses et rarissimes œuvres d’art. Elles portent la touche sublime du plasticien Rachid Kouraïchi qui  les a marquées de ses fameuses inscriptions punico-berbères.  Les tableaux signés par Leïla Dali-Bouricha et par Mounir Letaief représentant des femmes djerbiennes dans tous leurs atours habillent de leurs couleurs chaudes les murs. Les vasques, les coffres, les chaises des cafés anciens de la médina et les heurtoirs décorant les portes sont chinés aux puces de Tunis. Collectionneuse avertie de divers objets du patrimoine et de l’artisanat tunisien, la maîtresse des lieux possède mille cinq cents tapis et margoum provenant des divers coins de la République auxquels elle aime offrir une seconde vie en les transformant en matelas, coussins, poufs… Les escaliers menant à la ghorfa-chambre à coucher sont recouverts de ces modules longs et fins tissés en poil de chameau servant à l’origine à monter les tentes des bédouins. Les soieries de Mahdia enveloppent les grands lits de la ghorfa et les matelas des alcôves dans une touche de finesse et d’élégance.

Texte : Olfa Belhassine

Article paru dans iddéco n°5 – Juin 2010

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