JavaScript must be enabled in order for you to see "WP Copy Data Protect" effect. However, it seems JavaScript is either disabled or not supported by your browser. To see full result of "WP Copy Data Protector", enable JavaScript by changing your browser options, then try again.
ALAIA Demarchelier 01 e1590613294222

Hommage à Azzedine Alaïa le magnifique

L’histoire de Azzedine Alaïa est bien connue : ses débuts avec sa tante, et la couturière de quartier italienne qui lui apprirent le métier, son départ après des études de sculpture à l’école des Beaux Arts, en compagnie de son amie de toujours et pour toujours, Leila Menchari. Les années de vache maigre, les entrées par les petites portes dans les grandes maisons, puis les rencontres qui décidèrent de son destin, Louise de Vilmorin qui l’introduisit dans le grand monde, Arletty, Garbo qui réclamait une totale discrétion et n’en fit pas moins sa publicité, la Comtesse de Rotschild qui ne jurait que par lui, et Nicole Zehrfus qui lui prêta l’argent nécessaire pour s’installer à son compte. Mais la légende ! Car n’est-ce-pas la légende qui fait l’homme ?

ALAIA Demarchelier 01

La légende de Azzedine Alaïa se construisit autour de lui. Dans son entourage de fidèles irréductibles, avec ses rites, ses moments de convivialité, ses hauts lieux, ses coups de gueule et ses fous rires. Une légende que ce conteur aimait à entretenir autour de la grande table de la cuisine, cœur des lieux, mais déjà longtemps auparavant, rue de Bellechasse, dans cet appartement où il recevait ses premiers clients confidentiels, et qu’animait sa sœur Hafidha. C’était déjà autour d’une table, et c’était déjà Somaré, le somalien qui officiait aux fourneaux. Personne ne racontait mieux que Azzedine, des histoires qu’il pimentait avec humour, n’hésitant pas à se tourner lui-même en dérision, mimant, mettant en scène, ménageant ses effets, concluant sur un coup de théâtre ou un grand éclat de rire. Ce qui fit déclarer un jour à Monica Bellucci, déjeunant entre une journaliste et une cousette : « mais tu devrais vraiment faire un film de ton histoire ! ».

Couture Sculpture Azzedine Alaïa in the History of Fashion Villa Borghese
Couture – Sculpture, Azzedine Alaïa in the History of Fashion, Villa Borghese

Des films, il avait de quoi en faire plusieurs hauts en couleurs, histoires d’une famille pléthorique dont il s’amusait à grossir les traits, de clientes déjantées qu’il préférait à toutes, de princesses orientales qui prenaient prétexte de ses essayages pour l’entraîner dans de folles escapades.
La légende, c’est aussi celle d’un homme de grand cœur et de grande générosité, toujours présent pour ses amis, qui n’hésitait pas à prendre l’avion pour porter lui-même la robe d’une jeune mariée tunisienne, quitte à finir de la coudre dans l’avion, puis dans la voiture du cortège.

C’est encore celle d’un Tunisien du terroir, profondément attaché à son pays, qui revenait discrètement construire sa maison à Sidi Bou Saïd, qui adorait les cafés chantants de Ramadhan, les pâtisseries qui lui étaient interdites, et faire des courses dans les supermarchés de la ville.

Naomi Campbell foule le catwalk pour le retour d Azzedine Alaia
Naomi Campbell au défilé Automne-Hiver 2015 de Alaïa

Aujourd’hui Azzedine nous a quittés sur la pointe des pieds. Ces dernières années l’avaient propulsé très haut dans la sphère médiatique. Il avait été tout ce que les autres ne sont pas : rebelle au système, libre de ses choix, allant à contre-courant des modes et obligeant les tendances à le suivre, imposant son style, son rythme, sa façon atypique de travailler, de défiler, de vendre. Pour tout ce qu’il a été, les hommages, les consécrations se sont multipliés ces dernières années. Ils continuent à Paris, à Londres, de grandes expositions sont prévues dans les musées les plus prestigieux. Mais c’est d’abord dans son atelier et sa galerie d’art, que s’ouvrira le 21 janvier la première exposition baptisée « Azzedine Alaïa, je suis couturier », exposition qui durera jusqu’au mois de juin prochain. Plus tard, au mois de mai s’ouvrira, au Design Museum de Londres, une exposition « Azzedine Alaïa, the couturier » qui regroupera une soixantaine de silhouettes choisies par le couturier lui-même.

Chez nous, la maison de Sidi Bou Saïd, conçue par Alaïa, a été consacrée à une fondation à son nom. Le premier événement s’y tenant a été une exposition de son compagnon de route Christof Von Weyhe rendant lui hommage. On espère que cette maison continuera de vivre et que de nombreux autres événements y seront programmés.

Texte : Alya Hamza

Article paru dans iddéco n°35 – janvier 2018

La rédaction décrypte pour vous les tendances déco du moment pour trouver l’inspiration. Retrouvez également les actualités autour de la déco.

Plus d'articles
10 Nja Mahdaoui Asrar 6
Nja Mahdaoui Rétrospective de 1966 à 2018