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Hanout Elhajjem

La façade de lit qui inspire les créateurs contemporains de l’espace !

« Qui peut extraire une vérité neuve d’un savoir ancien, a qualité d’enseigner.» Confucius

Par l’esthétique et la structure de son architecture et son mobilier, la maison ancienne tunisienne est le reflet même de la réalité sociale de l’époque. Cette esthétique est marquée par des héritages divers et relatifs aux influences des différentes époques qu’a connues la Tunisie à travers son histoire. Il s’agit particulièrement de l’influence arabo-musulmane, de l’influence andalouse et plus récemment de l’influence italienne. Celle-ci, qui se manifeste différemment selon les régions, a plus particulièrement marqué les grandes demeures tunisoises.

Notre fascination est permanente devant l’architecture traditionnelle, en  particulier ses ornements, l’ameublement de ses chambres, ainsi que les qualités spatiales et plastiques de leurs espaces. La polyvalence de son espace a fait de la chambre traditionnelle l’objet d’une dialectique quotidienne entre l’utile et l’agréable.

 

 

Faisant partie du patrimoine artistique et culturel tunisien, aujourd’hui, le mobilier de la chambre ancienne est apprécié pour sa valeur esthétique, nostalgique ou muséologique. Ce mobilier qui a été déterminé par des usages, des conditions et des besoins particuliers, a lui-même déféni un cadre de vie et perpétué un genre de vie. Il devient un outil de connaissance de cette vie. Il est, aussi, une source d’inspiration pour des artistes créateurs, soucieux d’articuler le passé, le présent et le futur. Les compositions formelles et ornementales des Hanout hajjem rendent compte de certaines articulations entre l’esthétique et la fonction et renseignent sur le travail subtil du bois sculpté et ajouré, fait par des artisans de l’époque.

La chambre dans la demeure ancienne était un espace polyvalent, composé de plusieurs sous-espaces appelés alcôves, qui offraient des fonctions diverses et pouvaient être ouverts ou cloisonnés par des séparations en bois ouvragé. Les deux alcôves latérales étaient aménagées en général de façon identique. Chacune d’elles était occupée par un lit et sa façade :
hanout elhajjem, dont l’ouverture centrale plus ou moins large, était ornée de tentures, en tissus soyeux assurant l’intimité et une certaine obscurité.

Le lit ancien est loin d’avoir les caractéristiques précises et fixes du lit standard actuel. Selon les régions et selon les époques, il est appelé sedda, doukkana, srir arbi ou farch arbi. Il est surélevé par rapport au sol de 40 à 100 centimètres, sa largeur, correspondant à celle de la chambre, varie entre 200 et 250 centimètres. Sa profondeur atteint 140 à 200 centimètres.

Cette façade de lit est désignée par des termes différents d’une ville à une autre. Par exemple, elle est appelée à Sfax wajhet el ferch qui signifie la façade du lit. A Mahdia, on l’appelle tej-el-farch qui signifie la couronne du lit. A Tunis et à Kairouan cette cloison est appelée hanout hajjem.

Le lit de l’alcôve latérale droite est parfois moins profond que celui de l’alcôve gauche. Il est réservé souvent pour certains caprices du père.

En effet, ayant souvent un nourrisson ou un enfant malade, la mère était dérangée dans la nuit, une nourrice ou une parente proche couchait parfois auprès d’elle. Pour son confort, le père s’installait soit dans l’autre lit, soit dans la maqsoura.

Texte : Mahsouna Sellami – Photos : Nicolas Fauqué, Salah Jabeur et Samy Frikha

Article paru dans iddéco n°15 – décembre 2012

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