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Faouzia Frad
Quand la mode raconte une histoire

Faouzia
Faouzia Frad

Rien, au départ, ne la destinait à devenir cette icône de la mode dont tout le monde connait le nom, et que beaucoup s’ingénient à suivre pour ne pas dire copier. Car quand Faouzia Frad a commencé sa carrière dans la couture, abandonnant rapidement une formation d’orthophoniste sans glamour, le retour au traditionnel était encore fort peu dans l’air du temps. Fella, bien sûr, pionnière avait ouvert la voie, mais cela restait élitiste, audacieux et « pointu », encore que le terme n’existait pas à l’époque.

Curieuse, observatrice, voyageuse, Faouzia Frad glanait des idées, des matières, des broderies, alliant dans son esprit, styles, tendances, formes, inspirations, avant de se jeter à l’eau. Modestement et prudemment d’abord, créant quelques modèles toujours inspirés du monde arabe, de l’univers de cette femme qui n’est ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, qu’elle soit marocaine, syrienne, palestinienne, ou tunisienne. Ses premiers caftans séduisirent, ses foutas et blousas revisitées attirèrent, ses abbayas stylisées convainquirent. Ce qui pourrait sembler évident aujourd’hui, à l’ère du Be Tounsi, ne l’était guère il y a trente ans.

La femme tunisienne était résolument européenne dans sa façon de s’habiller, et les tenues traditionnelles relevaient du registre des grands-mères.

Très vite cependant, elle sut leur donner un label moderne, métissant les influences, alliant classicisme assumé et actualité audacieuse, introduisant des alliages de matières, de broderies, de passementeries qui semblaient ne pas avoir vocation de se rencontrer, et dont l’harmonie s’avérait évidente. Une harmonie et une modernité qui lui acquit un public jeune, mais aussi international.

On la vit porter haut les couleurs de la Tunisie dans les lieux les plus prestigieux, en France, en Allemagne, en Autriche, mais aussi à Koweit, aux Emirats, en Syrie, au Maroc. Son atelier devint très rapidement le passage obligé de tous les visiteurs étrangers : Benazir Bhuto, Betty Lagardère, Souha Arafat, ou Christine Lagarde ont été habillées par elle.

Aujourd’hui, véritable institution, elle continue, ravie de voir cet engouement et ce retour massif au costume traditionnel. Tout en gardant toujours une longueur d’avance.

Texte : Alya Hamza – Photos : Ridha Haddad
Article paru dans iddéco n°33 – Juin 2017

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