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Marsa chez Rym  001

ENTRE CIEL ET MER

A l’origine, un pâté de maisons, toutes pareilles, des petits cubes blancs, occupées par des familles qui toutes se connaissaient. Sitôt les premières chaleurs arrivaient les camions de déménagement chargés de meubles, de frigidaires, de chaises longues… Le temps de la « Khlâa » était le même pour tous : du 1er juillet au 30 septembre. Sur la plage, on connaissait les places des parasols de chacun. Entre le cabanon, devenu aujourd’hui le très chic restaurant du Golfe, et les rochers qui fermaient cette petite plage, il fallait montrer patte blanche. Car Marsa Cubes était déjà, il y a cinquante ans, un club très fermé.

 

 

Aujourd’hui, La Marsa s’est largement étendue, développée, a annexé la forêt de pins, lancé ses tentacules vers Raouad, poussé ses contreforts vers La Soukra. Entre Marsa Nessim, Marsa les Pins, et autres Marsas, on ne s’y retrouve plus. Sauf, peut-être à Marsa Cubes où, malgré une demande effrénée, malgré quelques intrusions, on reste quand même « entre soi ». Et où les habitants d’aujourd’hui sont, le plus souvent les enfants de ceux d’hier.

La propriétaire de  cette maison du bord de mer a grandi à quelques encablures d’ici. Elle a appris à nager et à pêcher sur cette plage, et quand il s’est agi de s’installer, elle n’a pas été plus loin qu’à un jet de pierre. Cette maison, elle passait devant au cours de ses promenades en bicyclette, s’abritait à l’ombre de ses murs quand le sable était trop chaud, en connaissait les propriétaires, les voisins, le petit jardin. Aussi est-ce en familière de l’esprit des lieux qu’elle l’a occupée.

Ici, à Marsa Cubes, pas d’ostentatoire, pas de grandiloquence, les maisons sont généralement discrètes, de proportions humaines, peu exposées. Et si elles sont luxueuses, il faut y pénétrer pour le savoir. Au fond d’une impasse, la clôture ne révèle rien. Seul un cyprès échevelé signale l’entrée. Comme les embruns rendaient toute plantation difficile, on a préféré organiser la demeure autour d’un patio. Il constitue l’axe central de la maison, comme dans l’habitat traditionnel, et l’entrée, les salons, la salle à manger, la chambre à coucher ainsi que l’escalier menant à l’étage s’articulent tout autour. Véritable cube de lumière, la maison s’ouvre largement sur la mer. Un jeu de transparences offre le grand large dès l’entrée. Et l’enfilade d’une architecture subtile fait que chaque partie de la maison a les mêmes échappées. Une terrasse protégée, mais non fermée, par un garde corps de verre, donne l’illusion d’un pont de navire.

 

 

Ici rien n’arrête le regard, les meubles de verre et d’acier, tapissés de blanc, d’une neutralité élégante, les tables de nacre blanche laissent la vedette à la très belle collection de tableaux et de sculptures que les propriétaires, esthètes sélectifs et éclectiques, ont constituée. Des orientalistes de belle facture côtoient harmonieusement des œuvres de peintres contemporains tunisiens ou étrangers. Quelques sculptures de grands maîtres, mais aussi de jeunes plasticiens, donnent, à cette demeure une personnalité forte. Pas d’exclusive, pas de parti pris, mais des coups de cœur assumés, et un regard affûté.

Parce qu’on est au bord de la mer, c’est à elle que l’on a donné la vedette, lui offrant toutes les ouvertures où porte le regard. Et c’est sur la terrasse que l’on a placé la piscine. Là, c’est une autre façon de vivre : celle des petits matins frais, quand seuls quelques pêcheurs et quelques sportifs courageux hantent la plage. Où encore des couchers de soleil somptueux quand s’éclaire Kobbet Al Ahoua que reflète le miroir fixé sur la piscine pour pouvoir l’admirer sous tous les angles.

Dans cette demeure, le dedans et le dehors se fondent, les parois de verre permettent une continuité, les œuvres d’art s’échappent sur les terrasses ou les rebords de fenêtre, les meubles sont le prolongement harmonieux les uns des autres.

Reportage : Fatma Sfar – Texte : Alya Hamza – Photos : Samia Chagour Françon

Article paru dans iddéco n°25 – Juin 2015

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