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Dar Fifine

Sauvetage architectural sur la plage de La Marsa

Il fut un temps où cette maison formait avec ses deux voisines un ensemble qui étaient la propriété des Beys. C’était une grande maison estivale où certaines des femmes de la famille beylicale venaient passer l’été. Chacune y avait son appartement privé et partageait avec les autres les espaces communs, comme il était d’usage à l’époque.

 

La maison était à proximité de Kobbet Lahwa, pavillon édifié pour permettre aux femmes de la famille de se baigner à l’abri des regards indiscrets. Au cours des années 1950, le complexe de ces maisons beylicales a été partagé en 3 maisons séparées, avec des propriétaires différents. L’une d’elles est « Dar Fifine » (anciennement Dar Belkadhi), qui a été rachetée par la famille tuniso-italienne Impellizzeri en 2009.

La famille Impellizzeri vivait en Tunisie jusqu’au début des années 1960, lorsque la majeure partie de la communauté italienne s’est de nouveau déplacée : certains d’entre eux vers l’Italie et d’autres vers la France.

Cette famille a une longue histoire et a traversé la Méditerranée à plusieurs reprises : une partie était venue de Malte au XVIIe siècle et une autre partie de Sicile au XIXe siècle, devenue terre d’émigration.

La magie, la nostalgie de la Tunisie ont été assez fortes pour faire revenir cette famille au pays natal, en 2009. « Dar Fifine » du nom de la mère de famille, Joséphine Impellizzeri qui s’était fiancée à Kobbet Lahwa était alors partagée en 3 appartements pour 3 familles différentes au rez-de-chaussée alors que le 1er étage était loué comme résidence étudiante.

Grâce à Claude Impellizzeri, le fils de Joséphine, architecte spécialiste du patrimoine et Marysa, sa sœur, la maison a retrouvé sa splendeur extérieure ainsi que ses décors intérieurs d’origine avec toutefois une touche moderniste parfaitement intégrée.

Au rez-de-chaussée, le grand salon avec son piano et ses objets chinés ou d’époque – la famille Impellizzeri a pris soin de ramener certains de ses meubles, datant des années 1930 – accueillent le visiteur dans une ambiance chaleureuse alliant l’ancien et le moderne. Ce salon donne sur une grande terrasse couverte qui est posée sur la plage, avec une vue directe sur Kobbet Lahwa et au-delà, le littoral de La Marsa.

Le patio est à nouveau le point central de la maison avec son carrelage refait à l’identique et une fontaine en marbre .Une cuisine et trois  chambres confortables et différentes l’entourent chacune avec sa salle de bain originale.

Le long d’un des murs du patio, un panneau de céramique représentant l’arbre de vie de Klimt monte vers le premier étage. On accède à ce premier étage par un escalier monumental en marbre, l’escalier d’origine, magnifiquement restauré. On arrive à une antichambre fermée en façade au-dessus de l’entrée par une ganaria traditionnelle, combinant esthétique et fonctionnalité. Le moucharabieh artisanal permet ainsi d’aérer l’intérieur tout en le préservant de la chaleur du soleil, et crée un magnifique jeu de lumière à l’intérieur de la pièce.

Au-delà, un patio couvert organise l’espace. Une bibliothèque blanche fait face à une impressionnante fresque murale faite à la main, réalisée par la société de Claude Impellizzeri, ABITAdecò. Un lustre étonnant aux fleurs nacrées domine, suspendu à une autre fresque au plafond, inspirée de la renaissance italienne, avec un motif représentant les quatre saisons. Le patio ouvre côté mer sur un salon en longueur, aux meubles et aux fauteuils bleus appartenant à la famille et rénovés de façon à donner à l’ensemble une tonalité méditerranéenne.

L’étage comprend trois suites à l’ambiance particulière, dont deux avec vue sur la mer dont on entend le murmure, donnant au visiteur le sentiment d’être sur un navire immobile.

Cette maison a été restaurée suite à une « lecture attentive  » de l’architecture du bâtiment qui était en ruine lors de son acquisition et dont on ne disposait d’aucune photographie ou plan pouvant contribuer à une fidèle reconstitution-la maison a connu aussi différents occupants durant différentes époques. Claude dit : « on a essayé  de coller au plus près à l’esprit de l’époque en l’adaptant aux besoins d’aujourd’hui ».

La difficulté principale a été de former et de fidéliser les ouvriers et les artisans ce qui fait que le chantier a duré beaucoup plus longtemps que s’il avait été réalisé en Europe.

« On a fait une interprétation en s’inspirant de l’environnement » pour la façade, en utilisant la céramique et l’artisanat local ». Il rajoute : « Dans toutes les interventions  on a essayé de restituer l’esprit et les émotions de l’époque. Un architecte doit savoir s’adapter aux lieux et aux nécessités et c’est cela qui donne un supplément d’âme à la maison ».

 

« Dar Fifine » c’est un peu le temps retrouvé .

 

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