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Centre des Arts vivants

Centre des Arts Vivants de Radès

Dans la continuité de Safia Farhat

En 2000, Aicha Filali, artiste plasticienne et enseignante à l’Ecole des Beaux-Arts de Tunis reçoit en héritage intellectuel et artistique le Centre des Arts Vivants de Radès. Un établissement fondé par sa tante Safia Farhat.

Centre des Arts vivants

Sur les lieux du Centre des Arts Vivants de Radès règne toujours, comme une ombre protectrice, l’esprit et l’âme de Safia Farhat. Le temps de la visite de cet établissement public dédié à l’apprentissage et au partage du savoir-faire dans le domaine des arts plastiques ressuscite toute la dimension visionnaire de la personnalité de Safia Farhat. Seule femme artiste de l’Ecole de Tunis, première directrice de l’Ecole des Beaux-Arts en 1966, elle fonde en 1981 avec son mari, Abdallah Farhat, le Centre des Arts Vivants de Radès, qu’ils vont céder à l’Etat quelques années après.

L’architecture des lieux, les volumes des ateliers artistiques, la blancheur des murs, l’extrême luminosité ambiante ont tous été pensés par Safia Farhat, disparue en 2004. Depuis l’année 2000, c’est Aicha Filali, nièce de Safia, elle aussi artiste plasticienne et enseignante à l’École des Beaux-Arts, qui pilote le Centre poursuivant le rêve et le projet de Safia Farhat. « Petite, j’étais tout le temps fourrée dans son atelier, à la regarder travailler. La relation privilégiée que nous avions provenait de mon intérêt pour l’art  », se souvient Aicha.
Aicha Filali, qui a tant aimé sa tante, a tant appris d’elle : sa polyvalence, son sens de l’innovation, la rigueur de son travail. Mais aussi le besoin et l’envie de transmettre ce qu’elle sait, ce qui la passionne le plus, à un public pas forcément estudiantin, pas forcément bachelier. Elle continue à développer toutes les possibilités du Centre selon les souhaits de sa tante. Ainsi a-t-elle mis sur pied en 2016 une entité muséale, le « Musée Safia Farhat », où elle donne à voir une collection des tapisseries de l’artiste de l’Ecole de Tunis. Des œuvres, où l’on saisit toute la vision plastique de Safia.

« Ses travaux dans ce domaine se caractérisent par une très grande diversité variant du tissage ras, au point noué, tressé ; de la monumentalité à l’objet en volume ; de la figuration à l’abstraction », souligne Aicha Filali.
Le musée, devant lequel se déploie un jardin verdoyant, fonctionne également comme un espace de découverte et d’exposition du meilleur de l’art contemporain en Tunisie. Chaque année, au printemps une exposition à thème y est organisée. Celle de l’année passée a exploré les « Histoires », celle de cette année le thème de la « Post-Prod ».

Centre des Arts vivants

Des résidences d’artistes pour explorer de nouveaux projets

Les résidences d’artistes sont un autre volet important de l’établissement. Le Centre accueille et accompagne chaque année quatre boursiers, généralement des diplômés de l’École des Beaux- Arts. Pendant une année, les résidents profitent des équipements disponibles sur place, et accomplissent un projet dans diverses disciplines : techniques mixtes, peinture, photo, céramique, tissage, gravure, infographie…

« Grace à cette expérience, beaucoup ont pu accéder par la suite à la Cité des Arts de Paris. Parmi ceux-là, je citerais Baker Ben Fadj, Mourad Harbaoui, Halim Karabibane, Bessma Hlal, Emna Zghal et tant d’autres », soutient Aicha Filali.

Loisirs et animations pour une zone oubliée de la culture

Mais le public est ici polyvalent. Les ateliers de peinture, de gravure, de sculpture, de tissage sont dispensés par des artistes confirmés pour tous ceux qui désirent explorer les multiples effets récréatifs des pratiques artistiques. Dans cette région de la banlieue sud où manquent terriblement les activités de loisirs et de divertissement, le Centre des Arts Vivants de Radès joue, de par son offre, un rôle central dans l’animation de cette zone culturellement peu privilégiée.

Le dimanche est la journée des enfants. Le Centre leur propose des ateliers en éveil plastique « et des matériaux et outils qu’ils n’ont pas l’habitude de manipuler à l’école », ajoute la directrice. De plus en plus le Centre diversifie les volets de sa programmation. Depuis l’aménagement d’une magnifique salle de danse dotée d’un parquet en bois, yoga, tango, théâtre s’y initient toujours dans cette ambiance de raffermissement des liens sociaux,  agréable et détendue qui caractérise ce lieu depuis sa naissance.
Le 21 juin dernier, l’espace a clôturé l’année artistique 2018/2019 en exposant les meilleurs travaux réalisés au sein de ses différents ateliers pour adultes et enfants.
L’année prochaine le Centre présentera une exposition sur laquelle travaillent depuis quatre ans les trois tisseuses de l’atelier de Radès. Son thème : de la tapisserie conçue sur la base de dessins d’enfants.
Le Centre fondé par Safia Farhat et son mari il y a près de quarante ans maintenant n’a encore pas révélé toutes ses possibilités.

Texte : Olfa Belhassine

Article paru dans iddéco n°40 – juillet 2019

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