JavaScript must be enabled in order for you to see "WP Copy Data Protect" effect. However, it seems JavaScript is either disabled or not supported by your browser. To see full result of "WP Copy Data Protector", enable JavaScript by changing your browser options, then try again.
Irane Ouanes

L’atelier de IRANE OUANES

A la recherche des formes et des couleurs…

Dans une ruelle de Gammarth Village, on ne se doute pas que se cache derrière une petite porte, un atelier où des sculptures étranges se dressent les unes plus colorées que les autres pour nous raconter chacune à leur manière des histoires que l’on sait uniques. Les sculptures d’Irane irradient de gaieté et de fraicheur à l’image de la pétillante artiste.

L’espace se déploie sur plus de 500 m2 avec une partie dédiée à la conception des œuvres et à la soudure puis, un espace couvert où Irane peaufine ses sculptures pour les peindre et leur apporter la dernière touche.

C’est en 2005, à Sousse que tout a commencé. Partie de la peinture figurative, elle a découvert le bois flotté avec lequel elle a commencé à élaborer des compositions. Puis comme elle enseignait la littérature française à l’ISTL, l’Institut Supérieur du Transport et de la Logistique qui jouxtait le port de marchandise, elle s’est intéressée aux matériaux anciens. Le fer, la ferraille l’ont alors interpellée.

Ecrous et autres pièces métalliques se sont entassées dans son atelier et ont commencé à prendre forme et à se découvrir une seconde vie.

Autodidacte mais passionnée, elle apprend à souder chez un forgeron. Elle affirme : « J’ai découvert que j’étais douée et que je maniais bien le poste à souder. Sans compter mes heures, mes jours et mes nuits, j’ai très vite appris ».

 

En 2013, elle déménage à La Marsa où elle installe un petit atelier avant de s’agrandir à Gammarth. A Mourouj, et plus exactement dans cet incroyable univers de ferraille qu’on appelle Lihoudia, elle s’achalande en fer. Cette fois, les pièces qu’elle récupère sont plus grandes, ce qui permet à Irane de déployer son art. Elle s’équipe en appareils professionnels et travaille dorénavant sur des structures plus lourdes et plus élaborées. Ce n’est plus la peinture acrylique qu’elle utilise mais la peinture de carrosseries de voitures, plus résistantes et plus lumineuses. Qu’il vente, qu’il gèle ou qu’il pleuve, elle sait que ses sculptures ne s’abîmeront pas.

Des expositions du début où elle doutait beaucoup, elle s’aperçoit que son art plait ce qui l’encourage à persévérer. « Avec la maturité et le travail, je me sens moins timide, plus audacieuse. »

Elle semble ainsi concilier pensée, perception et figuration. Elle visite différentes techniques et manières de faire, afin d’explorer l’irrationnel, l’imprévisible… livrant ainsi sa vision d’une société en mutation.
De ses courbes sculptées, à la manière d’une machine à remonter le temps, à chaque fois s’ouvre le champ des possibles. Il suffit de presque rien pour que ses pièces de métal entrecroisées deviennent, comme d’elles-mêmes, insecte, forme biologique ou personnage improbable… Il faut porter attention à ce qui apparaît, à ce qui pourrait apparaître. La matière se façonne, débordant de potentialités.

Irane se laisse guider par la matière sans avoir préconçu son œuvre. Le sujet jaillit de son imagination. Chaque sculpture raconte des scènes, celle d’une histoire, la sienne. Ses sculptures composent son journal intime, ses joies, ses peines, ses séparations ou retrouvailles.

« Quand je suis dans mon atelier, baptisé le Ballon Rouge, j’oublie le reste du monde, il m’arrive d’hiberner de ne plus vouloir ni sortir, ni rencontrer du monde. J’aime mon univers, il fait partie de moi ».

Elle présente une exposition personnelle à Musk and Amber Gallery le 5 avril 2019. Pour elle, il s’agit d’une consécration, elle y traite le bois, le fer et la mosaïque. Bouclant une période, le titre de l’expo s’appelle : « Mes trois Z » pour dire mes Zamis, mes Zamours et mes Zemmerdes.

Les assemblages de ses sculptures font travailler métaphore et métonymie.
Son travail apporte au regard des sensations simples dont on découvre progressivement la richesse et la complexité, telle est la quête sans fin à laquelle a décidé de se consacrer Irane Ouanes.

Elle a déjà des grandes sculptures qui ornent les jardins de la Cité de la Culture, puis une œuvre dans le hall du ministère de l’Environnement. Elle préparera après son exposition une sculpture monumentale qui viendra s’installer sur le rond-point du Zéphyr à La Marsa.

Texte : Nadia ZOUARI
Article paru dans iddéco n°39 – mars 2019

La rédaction décrypte pour vous les tendances déco du moment pour trouver l’inspiration. Retrouvez également les actualités autour de la déco.

Plus d'articles
IMG 3205
A Salambô
Dar Lella Chedlya