Cette part de vestiges en moi…De Sonia Ben Slimane
Que ne ferait-on pas pour «toucher» le grain brûlant de la ruine, des vestiges d’antan?
Objet de rêverie et de désir, les ruines et les vestiges accèdent aux temps révolus, font raisonner des histoires de nos ancêtres, ouvrent un espace d’écoute et de mémoire partagée, où les récits laissés en marge trouvent enfin un lieu pour se dire, dans le souffle du vent. Se saisir de l’imaginaire de Sonia Ben Slimane, de ses contes et de ses créatures symboliques, nous amène à parcourir l’histoire de la sensibilité du temps et de ses traces dans un espace parallèle de libre interprétation.
L’œuvre de Sonia Ben Slimane est profondément marquée par ce retour au préliminaire, au primitif auxquels tout se mesure. Ce rapport au passé va lui donner les moyens d’atteindre le monde qu’elle ressent, mais encore plus l’encourager à distendre le réseau des représentations pour remonter vers un sentiment de la vie intérieure et irréductible à toute image. Il s’agirait de rendre ces images, dans leur fragilité, dans leur ruine, réceptives à une résonance, celle de la pure subjectivité.
Extrait du texte curatorial de Wafa Gabsi
Sonia Ben Slimane
Née en 1996 à Tunis, Sonia Ben Slimane Besada est une artiste plasticienne tuniso-espagnole basée à Copenhague. Formée à Atelier de Sèvres, à l’École Nationale Supérieure des Arts de Limoges et à Københavns Kunstskole, elle développe une pratique entre peinture, céramique et sculpture. Son univers est nourri d’imaginaire, de contes et de poésie. Taureaux, renards poissons, volants ou citrons éclairant le ciel y deviennent créatures symboliques. Son exposition « Cette part de vestiges en moi… » s’inspire des peintures rupestres d’Altamira et de la grotte de Charama Cave, ainsi que d’anciennes tapisseries d’Asie de l’Est.