Symbole prophylactique, elle unit les rives sud de la méditerranée, et leur offre en partage sa protection intemporelle. La Khomsa, symbole mystérieux venu de la nuit des temps, n’a pas d’histoire, mais une reconnaissance totale de toutes les civilisations bordant ce berceau qui les a toutes vues naître
On l’a voulu islamique parce qu’on lui adjoint souvent le nom de Fatma, la fille du prophète. On la réclame judaïque, parce que, appliquée sur les maisons juive d’Egypte, elle a sauvé les enfants de Moïse des exactions du pharaon. On la prétend même d’origine indienne, et certaines tribulations de l’histoire font qu’on en a retrouvé trace dans certains pays d’Amérique latine.
En fait, la Khomsa est universelle, et, caprices de la mode aidant, elle ne l’a jamais été autant.
Bien sûr, la Khomsa est l’un des bijoux les plus portés qui soit : c’est lui que l’on offre, en or ou en argent, à l’occasion d’une naissance, d’un anniversaire, ou d’un évènement heureux. C’est lui que les bijoutiers poètes de jerba accumulent sur les « ouech-ouechs » traditionnels, et que leurs correspondants de Mahdia accrochent aux « tlilas » somptueuses qu’ils composent. C’est encore la khomsa que les joaillers sophistiqués de la « Berka », le souk de l’or, pavent de « chichkhans », ou éclats de diamants, ou font sculpter dans l’ambre avant de la sertir dans de l’or. C’est toujours elle que l’on martèle dans l’argent ou le cuivre pour en faire des porte-clés.
Mais d’autres ont décidé d’annexer ce symbole, et d’en faire un accessoire mode. Et notre khomsa, désormais terriblement « in », se décline allègrement sur les poches de jeans, les tee-shirts, les sacs, et même les caches d’i-phone. Elle est brodée, pavée de strass, simplement imprimée, ou savamment calligraphiée. Elle accompagne notre quotidien, et lui offre sa protection universelle.

Illustrations extraites de l’ouvrage « La Main au Maroc », Malika Editions.
Texte : Alya Hamza – Credit photos : MALIKA EDITIONS
Article paru dans idéco N°22 – Octobre 2014










